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Le label « le porc français » intègrera des critères RSE en 2020

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Prévu début 2019, l’enrichissement du label LPF devrait aboutir en 2020, d’après Inaporc. Les nouveaux critères du cahier des charges (environnement, bien-être animal, biosécurité, etc.) pourraient être présentés lors de l'assemblée générale de l’interprofession le 3 juillet. Regroupant plusieurs démarches existantes (dont QT, Qualité traçabilité), le label LPF « enrichi » constituera le socle de la nouvelle segmentation de la filière porcine.

Le chantier de l’enrichissement du label « Le porc français » (LPF) devrait aboutir courant 2020, a appris Agra Presse auprès d'Inaporc (interprofession). Cet axe majeur du plan de filière porcine se concrétiserait ainsi avec un an de retard. Le but ? Intégrer des critères RSE (environnement, bien-être animal, biosécurité, etc.) dans le cahier des charges LPF. S’y ajouteraient des critères qualitatifs et de nutrition-santé. Aujourd'hui, l'étiquetage LPF garantit uniquement l'origine française des produits (né, élevé, abattu et transformé en France).

Cette mesure devait initialement s'appliquer début 2019, d’après le plan de filière porcine. « L’actualité sanitaire nous a retardés », explique Didier Delzescaux, directeur d’Inaporc. La prévention contre la peste porcine africaine (PPA) a multiplié les chantiers pour l’interprofession (biosécurité, négociations avec la Chine autour du zonage, etc.). Concernant LPF, « les critères sont quasiment calés », indique toutefois Inaporc. Ils pourraient faire l'objet d'une annonce lors de l'assemblée générale de l'organisation le 3 juillet.

Labelliser « plus de 98 % de la production porcine » d'ici 2023

Volontairement large, le label LPF enrichi constituerait le « socle » de la nouvelle segmentation porcine, qui vise à « mieux répondre aux attentes de la société et des consommateurs ». Initialement envisagée dans le plan de filière, l'idée d'un étiquetage à deux niveaux (LPF et LPF+) est abandonnée, a indiqué Inaporc. Comme prévu, le futur cahier des charges LPF sera notamment adossé sur la démarche QT (Qualité traçabilité) déjà existante. Pour Paul Auffray, président de la FNP (éleveurs porcins), « c'est la seule démarche capable de tirer un maximum d'éleveurs vers le haut. » Car le but n'est pas de trier, mais bien de « faire progresser les éleveurs », explique Inaporc. Le plan de filière fixait ainsi l'objectif de labelliser « plus de 98 % de la production porcine et des opérateurs de la filière » d'ici 2023. Centrée sur l'identification des animaux, la démarche QT intègre déjà des critères qualitatifs (traitements sanitaires, alimentation, etc.) et fait appel à des contrôles internes (groupements) et externes.

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Une deuxième segmentation destinée à 15% des éleveurs

« Il y aura des investissements dans les élevages », ne cache pas l’interprofession, indiquant que « la biosécurité est en haut de la liste ». Autre priorité évoquée par Bernard Vallat, le président de la Fict (charcutiers industriels) : l'installation de quais de chargement dans les élevages. Les nouveaux critères pourraient conduire à exclure une partie des exploitations de la démarche LPF. Mais il reste difficile aujourd'hui de savoir combien.

La nouvelle segmentation (demandée notamment par l’aval de la filière) comptera un deuxième niveau avec des critères qualitatifs qui s’ajouteraient au socle LPF. Ces « critères différenciants » porteraient sur le bien-être animal, l’environnement, une « qualité différenciée de la viande » et d’autres thématiques (alimentation des porcs, aspect sanitaire, etc.). Objectif du plan de filière : emmener 15 % des éleveurs dans cette démarche. Un chantier que nous « devons structurer dans le temps pour lui donner une meilleure visibilité », explique Inaporc. Quant au chantier sur les signes de qualité, troisième niveau de la gamme porcine (lire ci-après), lui aussi avance… avec un retard sur les objectifs du plan de filière.

« Il y aura des investissements dans les élevages. »