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Consommation Le Label rouge poursuit son recul en viande bovine

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Fortement plébiscité par les consommateurs après les crises de la vache folle, le Label rouge enregistre un recul de ses ventes en viande bovine depuis 2003. En revanche, les porcs de produits Label rouge connaissent un réel engouement auprès des consommateurs, malgré, pour l’instant, le retrait récent du spécialiste de la charcuterie Fleury Michon.

Le Label rouge marque le pas en viande bovine. Initié en 2003, ce recul a été confirmé pour l’année 2006, le 6 juin, lors de l’assemblée générale des fédérations interprofessionnelles des Labels rouges bœuf, veau et agneau (Fil rouge) et porcs et charcuteries (Sylaporc). En œuf, les tonnages enregistrent une baisse de 7,9 % par rapport à 2005, à 30 125,5 tonnes, pour 24 023 éleveurs, en recul de 14,2 %.

L’effet « guerre des prix »

Le nombre de points de vente distribuant du Label rouge bovin est également en baisse : - 5,2 %. Ce sont principalement les GMS qui connaissent la plus forte baisse des volumes (-18,3 %) par rapport aux boucheries (-1,2 %). Avec 58,9% des volumes commercialisés, ces dernières restent encore largement en tête dans les ventes. Selon la fédération Fil rouge, « le Label rouge représente 2,4 % des bovins abattus en France. Alors que les volumes ont diminué de 2,6 % en 2006 pour la filière bovine française, le Label rouge a régressé de 7,9 % ». Même tendance sur le veau :-7,3 % d’éleveurs par rapport à 2005 (6 841 au total) et des tonnages en baisse de 2,4 % à 10 059 tonnes. « L’effet crise de la vache folle qui avait fortement joué sur la progression des signes de qualité semble aujourd’hui s’estomper », analysent les professionnels du secteur. Pour Pierre-Yves Perrin, directeur de la communication de Valtero, « la guerre des prix dans la grande distribution a laminé les labels ».

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Forte progression sur le porc

En revanche, le Label rouge connaît une forte progression sur les produits à base de porc. Les tonnages ont progressé de 40 % à 42 370 tonnes, par rapport à 2005, en raison de la réglementation imposant l’utilisation de porcs Label rouge comme matière première pour la charcuterie « Label rouge », depuis 2006. Pourtant Fleury-Michon a décidé récemment de se passer du Label rouge sur la majorité de ses jambons vendus en libre-service. Raisons invoquées le 6 juin, par Gérard Jeanot, directeur de la recherche et du développement charcuterie chez Fleury-Michon : « Des problèmes de quantité insuffisante à la production et de prix de matière première trop élevée ». « La qualité est la même. Nous gardons les mêmes critères de qualité, mais ce n’est plus étiqueté Label rouge. Quand nous prenons des engagements, nous les respectons », assure-t-il pourtant. Mais ces déclarations ne rassurent pas vraiment les représentants d’éleveurs Label rouge qui ont investi dans cette production. Du côté de l’agneau enfin, le nombre d’éleveurs (3 839) est stable. La production, qui reste très faible (4 041 tonnes) a connu une légère progression en 2006 (+3,8%).