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Production porcine Le label VPF va devenir l’unique marqueur de l’origine française en porcs

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Le logo VPF (Viande de porc française) signifiera « porcs nés, élevés, abattus, découpés, désossés en France », annoncent la Fédération nationale porcine et le Syndicat national des industriels de la viande. Si un accord a été entériné le 22 mars, quelques points « techniques » restent à régler. Dans tous les cas, cet accord devrait réduire les tensions entre éleveurs et industriels.

Le logo Viande de porc française – ou VPF – va devenir l’unique marqueur de l’origine France de la viande de porc, ont affirmé la Fédération nationale porcine (FNP) et le Syndicat national des industriels de la viande (SNIV-SNCP). VPF signifiera « porcs nés, élevés, abattus, découpés, désossés en France », résume le SNIV-SNCP dans un communiqué de presse du 18 mars. La FNP affirme de son côté, dans un communiqué du 21 mars, que « le logo VPF devrait ainsi devenir l’unique identifiant de l’origine française des viandes de porc, ce qui permettra son apposition sur l’ensemble des produits. Les éleveurs de porcs seront très vigilants sur l’application rapide du logo de façon systématique dans les linéaires. » Cet accord a été entériné le 22 mars lors de l’assemblée générale de VPF, mais « certains points techniques restent à régler », constate Paul Auffrey, secrétaire général de la FNP. Actuellement, le label VPF correspond à un cahier des charges précis qui implique une plus-value pour l’éleveur de 0,02€/kg carcasse. D’après le site internet de l’interprofession, VPF « garantit l’origine française des produits (animaux nés et élevés en France), le suivi alimentaire des animaux (enregistrement des lots d’aliments distribués avec possibilité de retrouver la formulation de ces aliments) et le suivi sanitaire (enregistrement de tous les traitements vétérinaires effectués sur les animaux). Au-delà de l’élevage, le système VPF oblige à avoir un système de traçabilité qui doit permettre de retrouver ce qui a été livré dans un site ou la provenance des matières premières. »

Pas de baisse de la plus-value liée au cahier des charges VPF
Selon Jean-Michel Serres, président de la FNP, 92% des porcs français sont produits sous ce cahier des charges. « Fondre le logo VPF et la mention d’origine française des produits de viande fraîche et charcuterie », comme le décrit la FNP, permettra une meilleure lecture de l’origine de la viande de porc. Effectivement, il semblerait qu’il y ait « encore pas mal de confusion entre l’origine France et le label VPF », relève Paul Auffrey. « Mais si la transposition de l’origine par VPF ne fait pas de doute, il reste encore plein de points techniques à revoir », insiste-t-il. Le SNIV-SNCP précise que « concernant les produits transformés, ce logo identifiant pourrait venir s’accoler aux mentions “viandes porcines françaises” ou “fabriqués en France à partir de viandes porcines françaises” qui devront continuer à figurer sur l’étiquetage ». Pour autant, il n’est pas question pour les éleveurs répondant aux cahiers des charges VPF de perdre leur plus-value de 0,02€/kg. « Cette avancée pour toute la filière porcine française, validée par les principales familles d’Inaporc, devrait pouvoir venir compléter et renforcer l’accord interprofessionnel du 15 décembre 2010 sur l’identification de l’origine des viandes et produits transformés », conclut le SNIV-SNCP. Mais assimiler le cahier des charges de VPF à une seule mention d’origine est trop réducteur. Il s’agit donc de réfléchir à un autre moyen de valorisation de ce cahier des charges.

La FICT et la CNCT sont rentrées dans l’association VPF
Avec un « unique identifiant de l’origine française des viandes de porc », les tensions entre éleveurs et industriels pourraient se détendre. D’autant plus que, depuis le 22 mars, la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viande (Fict) et la Confédération nationale des charcutiers-traiteurs et traiteurs (CNCT) viennent de rentrer dans l’association VPF. Depuis la mi-février, des éleveurs vérifient la présence du label VPF sur leur production dans les rayons charcuterie et viande fraîche des grandes surfaces. Ils ont également passé au crible les camions d’approvisionnement des grandes surfaces lors d’actions au péage de certaines autoroutes comme à la Gravelle (3 et 9 mars) ou à Dozulé (4 mars). Le SNIV-SNCP et la Fédération nationale de l’industrie et du commerce en gros des viandes (FNICGV) avaient dénoncé la destruction des viandes non étiquetées VPF, bien que d’origine française. La destruction de viande VPF aurait également eu lieu, selon le SNIV-SNCP. Pour la FNP, ces gestes signalent une exaspération difficilement maîtrisable de la part des éleveurs et qui ne risque pas de fléchir tant que la situation économique des élevages ne s’améliorera pas. Du fait de la flambée des matières premières, bon nombre d’éleveurs ne couvrent plus leurs coûts de production. Selon plusieurs syndicats, près d’un tiers des éleveurs seraient en très grande difficulté financière. Ces derniers demandent donc à ce que les importations de viande de porc cessent au profit de la production nationale.

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