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Le lait comme trompe-l’œil de négociations commerciales tendues

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Le Sénat continue son cycle de tables rondes pour évaluer les effets de la loi Egalim, avec le 6 février un débat avec les représentants des industries agroalimentaires. Et le moral ne semblait pas au beau fixe pour les transformateurs qui témoignent toujours de négociations commerciales tendues.

Le président de l’Ania (industrie agroalimentaire) Richard Girardot rapporte des demandes de déflation de la part de la distribution de l’ordre de 1,5 et 4 % pour les PME de son réseau. « L’objectif de ruissellement vers l’amont, qui était poursuivi, n’est atteint que dans un marché, qui est le lait, et un petit peu dans certaines niches, telles que la pomme de terre », constate l’industriel. « Nous n’avons pas trouvé les solutions pour recréer cet esprit de filière qui était l’objectif que nous nous étions fixé collectivement », regrette-t-il.

Un constat que partage le président de Coop de France Dominique Chargé qui a regretté qu’il n’y ait « pas de contrainte pour organiser le ruissellement » de la valeur vers l’amont de la filière. Il confirme que les négociations « se passent bien » dans le lait, « car tout le monde a compris que le prix du lait est le thermomètre de l’ambiance agricole française. Mais il ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt », citant notamment des difficultés en viande. Le président de Coop de France craint également des répercussions négatives sur les marques de distributeurs (MDD) et rapporte de nouvelles pratiques des distributeurs, qui pourraient aboutir à un « contournement de l’objectif d’alignement des taux de promotion ».

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Des contournements également dénoncés par le directeur général de l’Ilec (grandes marques) Richard Panquiault qui constate que, deux jours après la mise en œuvre du nouveau SRP, « une partie de la masse dégagée avec le SRP est créditée dans les marques de distributeurs et sur les cartes de fidélité, pour les marques qui sont l’objet du relèvement de 10 % ». « Le lait est l’arbre qui cache la forêt, confirme-t-il. Il y a un paquet de filières, en céréales, fruits et légumes ou en viande, où il ne s’est rien passé ».

« L’objectif de ruissellement vers l’amont n’est atteint que dans le lait. »