Ils n'en démordent pas. Les Etats membres qui vont dépasser leurs quotas de production de lait pour la dernière campagne avant l'abolition du système (en 2015) ne veulent pas payer de superprélèvement alors que les « signaux du marché » sont favorables. Le commissaire européen Dacian Ciolos, qui dans un premier temps avait demandé, sans plus de précisions, un signal politique de la part du Conseil pour avancer dans ce sens, ne s'attendait pas à une telle pression, de la part de l'Autriche, de la Pologne, de l'Allemagne et de l'Irlande notamment. Des pays qui n'ont pas l'habitude de payer de superprélèvement. Si Bruxelles accédait à leur demande, cela constituerait un manque à gagner pour le budget communautaire de 400 à 500 millions d'euros. L'Italie, à qui la Commission demande de rembourser 1,4 milliard d'euros pour des dépassements de quotas dans le passé, et la France, menacée de devoir rembourser à peu près la même somme pour des photos aériennes imprécises de parcelles, refusent de donner leur bénédiction à une telle mesure. Mais ceux qui plaident pour que l'ardoise soit effacée ont réussi à convaincre de nombreux Etats membres de les soutenir, poussant de ce fait Dacian Ciolos à préciser qu'il avait besoin d'une « majorité qualifiée » d'Etats membres pour agir. Ce que contestent ces pays, qui estiment que Bruxelles pourrait d'ores et déjà prendre l'initiative. Pour maintenir la pression, ils font désormais courir le bruit que son refus de bouger sur ce dossier pourrait coûter sa place à Dacian Ciolos qui sollicite un second mandat de commissaire européen.
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