Le ministère de l’Économie a précisé qu’il n’incluait pas les laiteries dans les industriels devant renégocier leurs tarifs à la baisse avec la grande distribution. En cause, le prix du lait, « très élevé » actuellement.
Les grandes laiteries se sont fait entendre du gouvernement. Le ministère de l’Économie n’exigera pas des entreprises du secteur qu’elle renégocient leurs tarifs à la baisse avec la grande distribution. Interrogé le 11 mai par Agra Presse, à l’issue d’une réunion avec les distributeurs, le cabinet de Bruno Le Maire a indiqué que le lait « n’est pas concerné par les renégociations » commerciales. Dans une interview accordée le lendemain à Cnews, le ministre a reconnu que, « dans le secteur du lait », les marges des industriels « restent réduites » car « les prix du lait restent très élevés ».
La fédération des laiteries « privées », la Fnil, s’est félicitée, dans un communiqué du 16 mai, de la prise en compte des « spécificités du secteur laitier ». La prise de parole du locataire de Bercy « acte qu’il n’y aura pas de renégociation généralisée », considère la Fnil. Les arguments des laiteries ont été « entendus », constate le président-directeur général de la Fnil, François-Xavier Huard. « Bruno Le Maire a reconnu que les entreprises laitières privées ont pris leur part, en responsabilité et en conscience de ce que pèse l’inflation sur le budget des ménages, dans la rémunération des producteurs de lait et la préservation du pouvoir d’achat des Français, malgré des résultats d’exploitation en berne et des marges nettes fragilisées par l’inflation de leurs coûts de production », estime-t-il.
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Un lait « au juste prix ».
Le président de Syndilait (fabricants de lait liquide), Eric Forin, salue également les déclarations de Bruno Le Maire. Celui qui est aussi directeur général de Candia explique que les négociations commerciales annuelles ont permis aux laiteries « d’arriver au juste prix ».
Quelques jours plus tôt, des déclarations du président du comité stratégique des centres Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, avaient fait vivement réagir le président de la FNPL (FNSEA, producteurs de lait), Thierry Roquefeuil. Le distributeur expliquait sur l’antenne de BFM TV, le 10 mai, vouloir « faire le tour de l’Europe pour aller chercher ce [qu’il y a] de moins cher » et demandait que la loi française les y « autorise », sans toutefois citer explicitement le lait. Sur la même chaîne, plus tard dans la journée, le représentant des producteurs s’est indigné : « Si Michel-Édouard Leclerc est prêt à aller chercher du lait dans d’autres pays pour avoir du lait moins cher – il faudrait déjà qu’il en trouve –, cela voudrait dire qu’il déclare la guerre aux producteurs de lait français ». « Venir nous demander de refaire des efforts en 2023 pour baisser les prix » est « totalement déconnecté de la réalité de ce que nous vivons dans la filière laitière », affirme Thierry Roquefeuil.