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BTPL Le lait, une production d’avenir en France

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L’assemblée annuelle du Bureau technique de promotion laitière (BTPL), mardi 26 novembre à Paris, a été un moment d’optimisme et d’enthousiasme concernant l’avenir de la production laitière en France, sans nier les problèmes de revenus et d’organisation de la filière.

Le lait a de l’avenir en France. L’assemblée annuelle du Bureau technique de promotion laitière (BTPL), un réseau de techniciens accompagnant éleveurs et coopératives laitières, le 26 novembre à Paris, s’est voulu résolument optimiste quant à l’avenir du secteur laitier. Une manière de contrer le climat morose qui sévit dans de nombreuses fermes, loin des manifestations d’éleveurs contre leurs collecteurs qui émaillent le territoire ces dernières semaines.
 
La France offre de nombreux atouts aux laitiers
« Il est possible de faire du revenu avec le lait, quel que soit le système, l’important étant la cohérence de ce système », affirme Michel Deraedt, technicien du BTPL dans l’Isère. « Le lait est une production d’avenir », insiste Vincent Chatelier, économiste à l’INRA. Au moment où nombre d’éleveurs envisagent de passer à la production de céréales, qui offre certes « une excellente rentabilité et un travail moins astreignant », le chercheur rappelle que le lait a de nombreux atouts. « On peut gagner sa vie sur une surface limitée, le chiffre d’affaires par hectare est plus élevé qu’en céréales, c’est une production qui permet de nombreuses créations d’emplois dans l’agriculture et les industries agroalimentaires », liste-t-il. En outre, la France dispose d’un climat favorable, d’une proximité de pays déficitaires en lait, abrite une population qui consomme beaucoup de produits laitiers, même si elle stagne. Et les éleveurs sont présents sur tout le territoire, ce qui crée une bonne « ambiance laitière ». Le pays possède un gros potentiel de développement, car la production de lait par superficie fourragère principale (SPF) est très faible par rapport au reste de l’Europe.
 
Construire une relation collecteurs-éleveurs
Tout n’est évidemment pas parfait. Pour améliorer les choses, Vincent Chatelier suggère de « mettre la création de valeur ajoutée au centre de la stratégie d’investissement », « de se protéger de la volatilité », de réduire les distorsions de concurrence en Europe et de « structurer les rapports avec l’aval pour co-construire les conditions de la production laitière gagnant-gagnant». En effet, tout n’est pas parfait, et la relation éleveurs-collecteurs est toujours très tendue. « Il est nécessaire de remonter le moral des troupes : on ne sait pas qui sera là demain, tous sont susceptibles d’arrêter », assène Michel Deraedt. Et le nombre d’éleveurs devrait continuer à chuter. « Si dans 12 ans, il reste 40 à 45 000 éleveurs (contre 75 000 en 2012, NDR), nous aurons réussi en intégrant une main-d’œuvre jeune », prévient Vincent Chatelier.
 
L’herbe est-elle plus verte en France ?
Katrine Lecornu, présidente d’European Dairy farmers, un réseau européen d’éleveurs laitiers, a prononcé une belle tirade, sincère et enthousiaste, sur le lait en France : « Les Irlandais nous envient notre capacité à faire du maïs ensilage, les pays du Nord nous envient notre foncier pas cher, les Anglais nous envient le soutien public aux éleveurs, les Allemands nous envient l’absence de concurrence déloyale du biogaz. Nous avons les meilleures entreprises du monde, et un institut de recherche inégalé : dans notre réseau, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs ». Avant de suggérer: « Pourquoi le modèle français ne serait pas le modèle de demain ? Il est capable d’être efficace économiquement, mais aussi de répondre aux attentes sociétales ».

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