Aujourd'hui « orientée vers le marché », selon l'expression consacrée à Bruxelles, la Pac n'est plus vraiment outillée pour réagir face aux chutes des prix et des revenus comme celles auxquelles sont confrontés aujourd'hui, et à des degrés divers, certains secteurs dans de nombreux États membres. Lors du Conseil agricole exceptionnel du 7 septembre, l'UE ne pourra donc, au mieux, que lancer quelques signaux censés être porteurs, à destination des producteurs de lait et, éventuellement, de porc. Et, pour atténuer les problèmes de liquidités, des avances sur les paiements directs pourront probablement être versées mi-octobre. Du court terme donc. À plus longue échéance, la Commission européenne fait miroiter l'ouverture des marchés des pays tiers, et devrait intensifier ses efforts pour obtenir la suppression des barrières sanitaires russes sur les produits du porc non soumis à l'embargo politique. La simplification en cours de la (sur)réglementation peut également offrir un peu d'air aux exploitants. Mais ceux-ci souffrent aussi d'un partage souvent inéquitable de la valeur ajoutée au sein de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, dossier que l'UE ne sait trop comment aborder pour l'instant. Enfin, l'agriculture a un grand besoin d'investissements pour se moderniser, au moins dans certains États membres et certains secteurs. Ces réflexions et travaux sur le moyen terme prennent en tout cas un caractère d'urgence. Il est en effet temps que l'orientation de plus en plus libérale de la Pac, solidement défendue aujourd'hui par l'exécutif européen et plusieurs capitales, soit accompagnée de nouveaux instruments et de nouvelles incitations, ne serait-ce que pour être politiquement justifiable.
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