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Etiquetage alimentaire Le lobby agroalimentaire européen contre la prolifération de régimes nationaux

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« Nous regrettons que l’annonce par le gouvernement français d’un logo nutritionnel national ajoute une autre complexité potentielle à ce qui devrait être une approche paneuropéenne de l’étiquetage à l’avant des emballages. Toute prolifération de régimes nationaux devrait être évitée, car cela pourrait entraver la libre circulation des marchandises dans le marché unique de l’UE ». C’est en ces termes que FoodDrinkEurope, le lobby de l’agroalimentaire européen, a accueilli l’arrivée prochaine de Nutri-Score, le nouveau logo nutritionnel – facultatif – qui entrera en vigueur en avril prochain sur le territoire français.

Le lobby européen demande à la Commission européenne d’évaluer si l’étiquetage recommandé par le gouvernement français est conforme à la réglementation européenne et en particulier à l’article 35 du règlement 1169/2011, relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Cet article porte sur les exigences que doivent respecter les formes d’expression et de présentation complémentaires de la valeur énergétique et des quantités de nutriments sur les emballages des aliments (ces formes d’expression doivent, entre autres, se fonder sur de solides études auprès des consommateurs, scientifiquement valides et ne pas induire en erreur le consommateur ; elles doivent aussi être objectives et non discriminatoires et leur mise en œuvre ne doit pas faire obstacle à la libre circulation des marchandises, ndlr). Rappelant qu’il a suivi avec grand intérêt les tests français des divers systèmes d’étiquetage – le premier de ce type en Europe –, le lobby industriel se dit convaincu que la recherche sur les comportements des consommateurs constitue un point de départ utile pour une discussion plus approfondie des parties prenantes. « Nous avons l’intention d’approfondir l’étude pour tirer le maximum d’enseignements de l’expérimentation française », assure une porte-parole de FoodDrinkEurope. Selon elle, les discussions sur une approche coordonnée de l’étiquetage à l’avant des emballages devraient avoir lieu au niveau européen en étroite consultation et en accord avec toutes les parties prenantes. Elle devrait également être cohérente avec l’approche des Apports Journaliers de Référence (AJR) que le secteur européen de l’alimentation et des boissons a mis en place il y a quelques années et devrait garantir aux consommateurs une information significative, scientifique et non discriminatoire.

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De « A » jusqu’à « E »

Nutri-Score, le nouveau logo nutritionnel, choisi le 15 mars dernier par Marisol Touraine, adopte un code de cinq couleurs selon la qualité des aliments. Son objectif : inciter les Français à consommer moins de produits riches en gras, en sel et en sucre, et donc limiter leur conséquences néfastes sur la santé. Cet étiquetage sera facultatif, la réglementation européenne ne permettant pas de le rendre obligatoire. Mais la ministre de la Santé compte prendre en avril prochain un arrêté pour que les industriels puissent apposer ce logo sur les emballages des aliments dans les rayons des supermarchés. Le logo retenu consiste en un système de lettres associées à des couleurs, qui sont apposées sur la face avant des emballages pour permettre de comparer simplement leur qualité nutritionnelle. L’échelle de graduation va de A, la meilleure note en vert foncé, à E, la moins bonne note en rouge.