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Loup Le loup, une controverse qui dépasse les frontières de l’Hexagone

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Face à des affaires judiciaires qui se multiplient entre les défenseurs du loup et les éleveurs français, des députés européens ont été interpellés pour ouvrir les discussions aux autres pays européens concernés.

Les affaires réglementaires se suivent et réunissent, dans les tribunaux, les protagonistes de la question du loup en France. Le Collectif des éleveurs de la région des Causses, de la Lozère et leur environnement (Cercle) a déposé un recours devant le Conseil d'État contre les trois arrêtés nécessaires à la mise en œuvre du Plan loup 2013-2017, a appris l’AFP le 6 octobre auprès de l'association à Hures La Parade (Lozère). Dans le cadre du Plan national loup 2013-2017, les éleveurs désapprouvent en particulier l'un des arrêtés qui fixe à 24 le nombre maximum des loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2013-2014, contre 11 pour 2012-2013. Entre 2008 et 2012, seuls sept loups ont été tués. Dans son recours en « excès de pouvoir », déposé le 25 juillet, l'avocat du Cercle, Me Régis Constans, estime que la « protection nécessaire des loups entre en contradiction avec la protection, tout aussi nécessaire, de l'élevage». Et si les deux préoccupations « ne sont pas forcément antinomiques », les éleveurs estiment, « à juste titre, que leurs intérêts ne sont pas pris en compte à la hauteur de ceux de la préservation des loups ».
Autre affaire : le 20 septembre, France Nature environnement (FNE) obtenait du tribunal de Nice la « suspension des opérations de tirs lors de battues aux gibiers » dans le département de la Drôme. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) précise que les chasseurs recevaient une formation des agents assermentés de l’ONCFS. Avec la suspension des autorisations de tirs de prélèvement par les chasseurs, seuls les agents de l’ONCFS et les louvetiers sont autorisés à faire des tirs de prélèvements.
 
Conservation européenne de l’espèce
« Le loup n’est pas une espèce en voie de disparition », explique l’ONCFS. C’est même une espèce en « voie d’apparition ». Revenu il y a une vingtaine d’années, le loup aurait franchi les Alpes depuis l’Italie. « On en a même détecté récemment en Haute-Marne », poursuit l’office qui comptabilise 250 individus en France. Si le loup est source de conflits en France, la question dépasse ses frontières. Le Cercle a lancé une réflexion commune entre plusieurs Etats membres pour « faire la lumière sur la population réelle du loup » en Europe. « Une espèce n’arrive pas à un état de conservation État par État », justifie André Barré, maire d’Hures-la-Parade (48) qui travaille avec le Cercle. Le député vert José Bové et un député du Parti socialiste sont en train de coordonner une réflexion commune aux éleveurs européens impliqués dans la question du loup. En Italie, le problème serait moins sensible qu’en France. L’élevage ovin est tourné vers la production laitière : les bergers sont plus souvent proches du troupeau pour la traite et, de fait, constituent une protection supplémentaire. Ce n’est pas le cas en Espagne, où selon les témoignages, le loup est une espèce « chassable ». FNE rappelle de son côté que la Directive européenne Habitats et la Convention de Berne encadrent la gestion du loup. « Chaque État a la charge de décliner la directive sur son territoire », explique FNE.

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