Le fabricant de spécialités de pâtes Alpina Savoie innove en lançant des produits issus d’une filière de blé du français, équitable et sans résidus de pesticides. Il approfondit sa stratégie de différenciation entamée depuis 2009 avec la reprise par le groupe Galapagos.
Aller au-delà du made in France, c’est la démarche choisie par Alpina Savoie (du groupe Galapagos, également propriétaire des Gavottes, de Traou Mad et de Loc Maria) pour jouer sa propre partition sur un marché des pâtes sèches concentré entre les mains de quelques industriels. « Nous ne cherchons pas à rivaliser avec les géants du secteur des pâtes sèches mais plutôt à cultiver notre différence en lançant des pennes, torsades et farfalles issues de blés français cultivés selon les principes de l’agriculture raisonnée », explique Jean-Philippe Lefrançois, directeur général d’Alpina Savoie, dont l’usine se situe à Chambéry.
« En plus, nous avons ajouté une obligation de résultats puisque nous contrôlons désormais les lots de blé après la moisson, les lots de semoules qui sortent de nos moulins, mais aussi les lots de produits finis afin de nous assurer qu’ils ne contiennent pas de résidus de pesticides, en contrôlant plus de 500 molécules », poursuit le directeur général. En outre, les agriculteurs bénéficient d’une contractualisation sur trois ans, assortie d’une prise en compte du prix de revient et d’une rémunération supplémentaire. Ce qui permet à la marque de qualifier ses produits d’équitables.
Des pâtes locales pour les gourmets
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Ces nouvelles références, dont l’implantation en grandes surfaces a commencé début mars, mettent en avant la « filière française » initiée par Alpina Savoie, qui essaie de jouer au maximum la carte de la proximité sur le blé, les œufs de poules élevées en plein air (en grande partie venant de la région Rhône-Alpes) et les emballages fabriqués dans la région. Et même si le positionnement haut de gamme (PVC : 1,69€ les 500 g) réserve ces produits à une clientèle limitée, les recettes permettent de s’adresser à un public bien plus large que les amateurs de spécialités savoyardes.
L’identité de la marque, créée en 1844, est en effet étroitement liée à son territoire, et à la recette du crozet dont il est le spécialiste. Ses ventes (46 millions d’euros en 2017 qui pèsent pour un tiers du chiffre d’affaires de Galapagos) sont d’ailleurs localisées en grande partie dans le quart sud-est de la France, même si certains distributeurs les proposent à l’échelle nationale. Un tiers du chiffre d’affaires est réalisé à la marque dans les grandes surfaces et un autre tiers avec les industriels des plats cuisinés (pâtes et couscous). La PME travaille aussi pour les MDD (Reflets de France ou Nos régions ont du talent) et les grossistes de la RHF.
Le lancement des nouvelles références « filière France » ont nécessité un investissement en équipement de 1,5 million d’euros, finalisé en novembre 2017. L’entreprise fabrique une vaste gamme de pâtes sèches (6 500 tonnes en 2017, 8 000 tonnes prévues en 2018), des polentas et du couscous (14 000 tonnes), en s’appuyant sur ses propres moulins et son usine de pâtes de Chambéry. L’année dernière, les ventes ont été stables, mais Jean-Philippe Lefrançois anticipe une augmentation à l’avenir : « Si nous progressons de manière à passer de 1% de parts de marché en grandes surfaces à 2%, ce serait extraordinaire » selon lui. Un défi à la hauteur de cette PME qui côtoie aujourd’hui dans les rayons quelques géants nommés Barilla, Panzani ou Lustucru.