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Le marché des bioplastiques dans l’UE serait supérieur à 400 000 tonnes d’ici 2020, a indiqué Christophe Doukhi de Boissoudy, président du Club des bioplastiques, le 3 mai au Siñal, rendez-vous d’affaires des nouvelles valorisations industrielles de l’agriculture.
Le marché européen des bioplastiques se situerait entre 400 000 et 800 000 tonnes d’ici à 2015/ 2020, selon le président du Club des bioplastiques au Siñal, rendez-vous d’affaires des nouvelles valorisations industrielles de l’agriculture qui s’est tenu les 3 et 4 mai à Châlons-en-Champagne. En 2011 la capacité de production européenne est de 150 000 tonnes.
Produire 400 000 tonnes de bioplastique dans l’UE solliciterait 0,75% des surfaces céréalières européennes, et 0,29% de la surface agricole de l’UE, a-t-il calculé. Ces 400 000 tonnes représenteraient 5% du marché du plastique. Avec un taux de 10% de bioplastique par rapport au marché total du plastique, la production nécessaire, qui serait de 800 000 tonnes, susciterait 1,35% de la superficie céréalière communautaire, et 0,52% de la surface agricole de l’UE.
Abaissement progressif des coûts et progrès de la recherche
Une telle montée en puissance est possible, et s’explique par plusieurs facteurs, a estimé Christophe Doukhi de Boissoudy. Un premier facteur est l’abaissement progressif des coûts. Un deuxième facteur est l’amélioration continue de la qualité à travers une amélioration des propriétés des bioplastiques, a souligné Josué Migard, chef de projet « intelligence économique » à la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) de la région Champagne-Ardenne. Un troisième facteur est la rapidité des progrès de la recherche. Ainsi, les États-Unis et la Chine décrochent la majorité des brevets sur les bioplastiques depuis moins de cinq ans, a précisé Arnaud Rolland, responsable du développement durable chez Coca Cola.
Pour donner une idée de la réalité du décollage du marché, Arnaud Rolland a indiqué que son entreprise vend des centaines de millions de bouteilles composées à hauteur de 20% de matière végétale, malgré un surcoût par rapport au plastique fossile. Mais ce surcoût va s’amenuisant : de 10% l’an dernier, il n’est plus que de 5%, et « d’ici moins de dix ans nous aurons atteint la rentabilité ». La réduction du surcoût est d’autant plus rapide que les prix du plastique s’envolent depuis environ un an.