Le bilan dressé par l’Onilait sur l’année 2004 est relativement favorable pour les produits de grande consommation, grâce notamment aux marchés extérieurs, tandis que les fortes pressions à la baisse des prix ont anéanti en valeur la croissance pourtant réelle du marché des ménages. Les produits frais ont, quant à eux, évolué à contre-courant de ces tendances globales.
Les fabrications de fromages ont augmenté de 3 % en cumul annuel en 2004, avec de très bons chiffres au deuxième et au troisième trimestres. Positive également a été l’évoluton sur le lait de consommation (+1%) grâce aux expéditions sur d’autres pays de l’Union européenne. Les fabrications de crème ont augmenté pour leur part de 3,4 %.
En revanche, l’ultra-frais présente un bilan beaucoup moins dynamique que par le passé avec même un recul de 0,6 %, toutes les familles étant en régression par rapport à une année 2003 il est vrai très favorable en raison notamment de la chaleur qui avait dynamisé les ventes pendant l’été.
Une consommation de plus en plus ralentie en valeur
En valeur, la consommation s’est dégradée, le chiffre d’affaires tous produits laitiers basé sur les achats des ménages mesurés par le panel Consoscan, qui avait augmenté de 1,5 % en 2003, s’est stabilisé puis a été en diminution, notamment au dernier trimestre 2004 : sur l’ensemble de l’année, le recul est de 0,6 %.
En volume, la situation des achats des ménages a été satisfaisante sur l’ensemble de l’année pour les fromages, la crème, et même le beurre dont les achats ont légèrement progressé après plusieurs années de repli. Pour les fromages, les achats ont augmenté de 1 %, ceux de beurre de 0,4 % et ceux de crème de 2,7 %. Mais dans le même temps, le secteur des ultra-frais a enregistré des résultats contrastés (+0,7% pour l’ensemble) et le secteur du lait de consommation a nettement reculé (-5,4 %).
Les prix moyens payés par les ménages ont pour bon nombre de produits été orientés à la baisse. Les prix des desserts, des fromages blancs et suisses, de la crème et du beurre ont baissé de 1,5 à 3 %, les prix des fromages ont globalement été stables, même s’il y a de fortes disparités, ainsi que ceux du lait. Seuls les prix des yaourts ont continué d’augmenter de 2 %.
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Le solde des échanges extérieurs a évolué très favorablement en 2004 pour les laits conditionnés, expliquant en grande partie l’écart entre les évolutions négatives de la consommation et la hausse des fabrications. D’une part, les exportations ont progressé de 17 %, tant vers les autres pays de l’UE (Italie, UEBL, Portugal) que vers les pays tiers (Tunisie, …). D’autre part, les importations, surtout provenant de l’UEBL, ont diminué (de près de 8 %).
Les exportations de yaourts et laits fermentés ont diminué de près de 6 % (Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne) alors que les importations ont progressé de 16,6 % (UEBL et Allemagne essentiellement).
Fromages : le solde extérieur s’améliore
L’amélioration du solde pour les fromages constatée en 2004 provient d’une hausse des exportations de 33 000 tonnes alors que les importations ont diminué de 5 000 t. Il s’agit pour les plus gros volumes d’une hausse des ventes de fromages frais, notamment vers le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Espagne et de pâtes pressées crues, notamment vers l’Allemagne. En revanche, les exportations de pâtes molles ont reculé de près de 8 %.
Du côté des importations, la tendance a été à la hausse pour les fromages frais (Allemagne, Italie, Danemark) alors que celle des autres familles a été stable ou en baisse.