Les résultats de l’année 2018, diffusés le 19 juin par la Fédération française des spiritueux (FFS), traduisent une décroissance du marché des spiritueux sur le marché intérieur et un renforcement à l’exportation. Les professionnels misent sur la diversification des références, l’innovation dans la qualité et le tourisme dans les fabriques de spiritueux pour conforter à long terme leurs débouchés tant sur le marché domestique qu’à l’export.
Sur le marché intérieur, les ventes en grande distribution ont fléchi de 2,1 % en volume en 2018, à 275 millions de litres (Ml) et de 1,34 % en valeur, à 4,72 Mrd € (taxes incluses). Parmi les raisons, la FFS a cité les perturbations dues au mouvement des Gilets jaunes et le renchérissement des spiritueux de 5 à 8 % dû au relèvement de 10 % du seuil de revente à perte par la loi Egalim. Cette hausse des prix s’est opérée « sans pour autant créer de la valeur pour les entreprises » de production, a précisé la fédération. Les cafés-hôtels-restaurants (CHR), qui assurent 10 % des ventes de spiritueux, ont écoulé 28,7 Ml l’an dernier, soit un léger tassement de 1,46 %.
Les exportations quant à elles ont progressé de 1,9 % en volume à 445 Ml et de 1,8 % en valeur, atteignant le niveau historique de 4,3 Mrd €. L’Amérique du Nord et l’Asie représentent 70 % des exportations. Le cognac représente 70 % des exportations françaises du secteur. Sans l’export des vins et spiritueux, la balance commerciale française agroalimentaire serait maintenant déficitaire, a fait remarquer Jean-Pierre Cointreau, trésorier de la FFS.
L’innovation dans la qualité pour compenser la baisse de la consommation
La FFS table sur l’innovation dans la qualité pour compenser la baisse de la consommation en France. Une baisse qui n’est probablement pas près de s’arrêter parce qu’elle est due pour plus de 50 % aux moins de 35 ans. « Les innovations restent le principal vecteur de croissance du marché. Nos entreprises se distinguent par leur capacité d’innovation », a souligné Michel Gayraud, président de l’organisation. L’innovation est favorisée par la grande diversité des catégories de spiritueux : anisés, armagnac, calvados, cognac, eaux-de-vie, genièvre, gentiane, liqueurs et crèmes de fruits, rhums, vodkas, whiskies. Chaque année, ce sont au total plus de deux millions de tonnes de matières agricoles (raisin, canne à sucre, céréales, fruits, plantes aromatiques) qui sont distillées, macérées ou infusées avant de devenir spiritueux.
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Face à cette large palette de fabrications, le secteur des CHR « est un incubateur de tendances pour les spiritueux », a ajouté Michel Gayraud. Porté par la tendance de cocktails, le nombre de références dans les CHR se développe. Il s’est accru de 19 % en deux ans. Ce dynamisme « bénéficie notamment aux marques développées par les PME et TPE ». La FFS remarque qu’au milieu du repli global de la consommation de spiritueux en France, deux catégories progressent nettement : les rhums ont affiché + 3,3 % en volume et 5,7 % en valeur, et les gins (ils sont produits à partir de seigle ou d’orge malté aromatisé aux baies de genièvre) de 2,4 % en volume et de 7,6 % en valeur.
Le développement du « spiritourisme »
Pour valoriser les savoir-faire et les métiers de la fabrication des spiritueux, la FFS promeut le « spiritourisme », pendant de l’œnotourisme. La fédération a publié un guide bilingue (français et anglais) Petit Futé « spiritourisme » répertoriant les lieux de visite. Plus de 100 sites d’élaboration de spiritueux sont à découvrir. Le spiritourisme s’insère dans la politique ambitieuse de développement du secteur touristique impulsée par le gouvernement. Pour amplifier cette dynamique, la FFS organise un événement inédit : les « visites privées des spiritueux » en France, y compris en outre-mer, pour les 11, 12 et 13 octobre. Au programme : accéder à des trésors cachés, pousser la porte des jardins aromatiques, se laisser guider parmi les alambics. Plus de 50 producteurs participent à cet événement.