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Filière porcine Le marché du porc breton innove avec la couverture de marge

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Le Marché du Porc Breton (MPB) innove. Unique bourse en France du cochon vivant où 13 groupements vendeurs et 13 industriels acheteurs (75 % des capacités industrielles en France) négocient, deux jours par semaine, la référence du prix du kilo vif en France, le MPB lancera fin novembre la vente à livraison différée, lors d’une journée déconnectée des deux jours de cotation instantanée. Par ce dispositif, un vendeur et un acheteur contracteront sur un nombre d’animaux précis, livrables entre 4 et 18 semaines maximum, soit le temps de l’engraissement. Le MPB a prévu différentes règles pour garantir paiement et livraison, pour les deux parties. L’intérêt de cette vente à livraison différée est double : offrir la possibilité aux éleveurs en proie à des difficultés récurrentes depuis quatre ans de couvrir leur marge, et aux industriels de se prémunir d’une flambée des cours du porc tout en sécurisant une partie de leur approvisionnement, au prix qu’ils estiment le plus juste. L’éleveur visera un objectif de marge en fonction des informations dont il disposera sur le prix de l’aliment pendant la durée de l’engraissement (70 % de son coût de production), et des prix des années précédentes au moment de la livraison. L’éleveur aura donc tout intérêt à couvrir également ses achats en aliment complet, par le même type de contrat avec son fournisseur en aliment du bétail.

Approvisionnements sécurisés
Selon l’Association des fabricants d’aliments du bétail, de plus en plus d’industriels proposent ce type de contrats. De son côté, l’industriel sécurisera son approvisionnement au prix qu’il aura déterminé, 4 à 18 semaines avant sa livraison, selon ses propres projections. Pour l’heure, si les 13 groupements vendeurs se sont déclarés volontaires à la vente à livraison différée, seul un industriel est candidat au dispositif. Il s’agit de Kermené (groupe Leclerc) qui a déjà expérimenté ce type de vente en 2011 avec le groupement Syproporcs, qui l’a lancé. Témoignage de Pascal Leroy, responsable de la filière porc de Kermené : « Nous abattons 32 000 porcs/semaine et nous avons acheté en vente différée près de 1000 porcs semaine sur la période, explique-t-il. Nous continuons l’opération avec le MPB car il nous semble intéressant de couvrir nos besoins à court terme lors d’une période de forte activité. Mais cette pratique ne devrait pas dépasser 10 % de nos approvisionnements ». Pour Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du Porc Breton, il suffirait qu’un autre industriel (important si possible) entre sur ce nouveau marché pour inciter les autres opérateurs à y venir à leur tour, de peur de manquer de porcs sur le marché « spot ». Objectif à moyen terme : que 5 000 à 6 000 porcs soient négociés de la sorte sur le MPB qui, en marché « spot », établit la référence du porc vivant en France sur la base de 68 000 porcs présentés chaque semaine. Cet échantillon représente moins de 20 % des animaux réellement abattus en France.

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