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Volatilité Le Marché du porc breton lance un contrat à livraison différée

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Le Marché du porc breton (MPB) démarrera fin novembre un contrat à livraison différée, afin que les éleveurs maîtrisent mieux la volatilité des cours du porc, ont annoncé ses dirigeants le 29 septembre à Plérin (Côtes d’Armor). Par ce nouveau contrat, l’éleveur connaît son prix de vente au moment où il démarre l’engraissement de ses porcs.

Le MPB proposera, à partir de fin novembre, un marché à livraison différée, qui consistera pour un éleveur à vendre ses porcs engraissés aujourd’hui pour dans trois ou quatre mois, et pour un acheteur (abatteur) à payer l’éleveur au prix fixé lors de la mise en marché des porcs et après la livraison du bétail dans un délai convenu par contrat. Le MPB a été lancé en 1972 par des éleveurs. Environ 18% des porcs français sont commercialisés via ce marché, selon ses dirigeants.

La lisibilité du prix de vente
Par la vente à livraison différée, l’éleveur connaît son prix de vente au moment où il commence l’engraissement de ses porcs.
Jusque-là le marché au cadran du MPB donne lieu à des cours du jour, deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, après des enchères dégressives entre 13 groupements de producteurs et neuf acheteurs (abatteurs).
Ce qui est proposé par le MPB, c’est un contrat qui prend effet à une date spécifiée dans le futur, en l’occurrence à horizon de trois à quatre mois. Ainsi, la connaissance du prix de vente trois ou quatre mois avant la livraison des porcs permet aux éleveurs de connaître leur marge.
« Face à la volatilité du prix des céréales, qui entrent à hauteur de 60% du prix de revient d’un porc, le MPB propose de couvrir la marge des éleveurs par une meilleure lisibilité du prix de vente », a précisé Jean-Pierre Joly, directeur du marché.
« Ce nouveau contrat n’aura rien de virtuel. Il s’agira de transactions sur le marché physique, conclues avec des volumes et des prix définis, et pour des livraisons effectives », a ajouté Daniel Picart, président du MPB. Le nouveau contrat a été expérimenté depuis mars dernier à raison de mille porcs par semaine sous ce régime. L’acheteur est le groupe Kermené, abatteur-découpeur et également salaisonnier.

Après-demain, des livraisons différées du producteur au distributeur
L’optimum serait que le système des livraisons différées fonctionne du producteur au distributeur, a poursuivi Jean-Pierre Joly. Des simulations effectuées par le MPB « démontrent que le procédé de la vente à livraison différée fonctionne particulièrement bien lorsque les acteurs de la filière (éleveurs, abatteurs, salaisonniers, distributeurs) procèdent eux-mêmes à des ventes à livraison différée », a-t-il exposé, citant des cas avec des hypothèses basses et hautes en termes de prix. Par exemple, pour payer 1,35 euro le kilo au producteur, l’abattoir doit trouver un marché de jambon à 2,25 euros le kilo.
Plus simple qu’un marché à terme virtuel, le nouveau contrat du MPB se veut plus novateur que la contractualisation mise en œuvre par le ministère de l’Agriculture. Dans ce sens, les responsables du MPB pensent qu’ils « vont plus loin que le ministère de l’Agriculture, qui limite le projet de contractualisation à des volumes et à des index de prix à fixer, tandis que le MPB « propose un volume et un prix, qui dans l’idéal doit être répercuté sur l’ensemble de la filière ».

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