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Production chevaline Le marché italien de la viande chevaline se modifie, selon FranceAgriMer

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Baisse de la consommation de viande de cheval, diminution des importations en vif et développement des importations de viande fraîche, le marché italien change. Les éleveurs français vont devoir s’adapter pour faire face, semble-t-il, à des importations d’Amérique du Sud en hausse.

«À l’instar des acteurs du secteur bovin français, qui s’interrogent actuellement sur l’avenir des débouchés sur le marché italien (Agra presse hebdo du 11 octobre 2010), la filière chevaline pour préserver ses débouchés doit s’adapter à l’évolution de la demande italienne. » Les conclusions de l’étude de FranceAgriMer de novembre sur le marché italien de la viande chevaline sont directes : les éleveurs français de chevaux d’embouche vont devoir s’adapter aux modifications du marché italien, leur premier débouché. L’Italie est de loin le premier consommateur de viande chevaline de l’Union européenne (UE), environ 50 000 tonnes soit près de 50% de la consommation européenne. « Avec un taux d’auto-approvisionnement de 25%, la production italienne est très nettement insuffisante pour assurer les besoins des Italiens », commente FranceAgriMer. Seulement, en dix ans, la consommation a diminué de 20 000 tonnes équivalents carcasse, « réduisant d’autant les opportunités de débouchés pour les pays fournisseurs du marché italien, comme la France. »

Moins d’importation en vif
Selon FranceAgriMer, la part de la viande de cheval par rapport à la consommation totale des viandes est passée au cours de la dernière décennie de 1,5% à moins de 1%. La viande de cheval a donc reculé au profit des viandes de porcs, volaille et bovins. Sa disponibilité sur le marché italien a quatre origines : la production locale, les importations de chevaux vivants destinés à l’abattage, les importations de viandes en provenance de l’Union européenne et des pays tiers. « La mise en perspective de ces données sur la période 1999/2009 montre que la part des viandes consommées issue d’animaux vivants régresse au profit des viandes importées qui représentent plus de la moitié des disponibilités alors qu’elles n’assuraient qu’un tiers des besoins au début des années 2000 », commente FranceAgriMer. En vif, la France n’est pas majoritaire (4e fournisseur). La Pologne, la Roumanie et l’Espagne ont assuré 80% de l’approvisionnement du marché en 2009. « Après une croissance des expéditions françaises de chevaux de boucherie de 1999 à 2006, qui sont passées de 1 300 à 9 000 têtes, les ventes ont fortement reculé (5 000 têtes en 2009).

Des importations des pays tiers, masquées par les flux européens
En vif, le prix français côtoie les prix espagnols, hongrois et polonais (900€/tête en 2009). L’Autriche et la Lituanie pratiquent eux des prix plus attractifs (700€/tête). L’Italie a baissé ses importations d’animaux vivants (de 51% à 31% en dix ans) pour augmenter ses importations de viande (+30% entre 1999 et 2009). Les importations issues de l’Union européenne restent stables, dans une consommation en baisse, alors que celles d’Amérique du Sud seraient divisées par deux. « La croissance apparente des importations en provenance de l’UE masque vraisemblablement une augmentation des achats en provenance des pays tiers du fait des points de débarquement (Belgique, France, Allemagne, Pays-Bas) qui induisent dans un second temps des flux intracommunautaires », estime FranceAgriMer. Plus de 60% des viandes européennes présentes sur le marché italien ont pour origine les pays de l’Est (Pologne, Lituanie, Roumanie). La France ne représente que 10% des achats européens. Les prix des viandes importées s’échelonnent d’environ 2€/kg (Danemark, Espagne, Roumanie, Lituanie) jusqu’à 4€/kg (France, Belgique, Pays-Bas). Une différence de qualité, mais surtout de nature des morceaux et de présentation des pièces, expliquerait ces écarts de prix.

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