Le 61e Congrès international sur les technologies et sciences de la viande, du 24 au 28 août, a été l'occasion pour Chantal Le Mouël, directrice de recherche à l'Inra, de revenir sur les échanges mondiaux et la production durable de viande afin de nourrir le monde.
Les échanges internationaux sont un levier d'action à ne pas négliger pour favoriser la production et la consommation durable de viande à l'avenir, estime Chantal Le Mouël, directrice de recherche à l'Inra, lors du 61e Congrès international sur les technologies et sciences de la viande, le 24 août à Clermont-Ferrand. Pour elle, certaines régions du monde seront plus à même de produire de la viande car plus compétitives (économie, social et environnement). À chaque pays ensuite de définir sa stratégie : conserver ou non une autonomie en viande, sachant que produire nationalement pourra être très coûteux. Comme le rappelle Timothy Robinson, chercheur à l'Institut de recherche international sur l'élevage (ILRI), « si certains pays d'Afrique se décident à développer leur propre production, ils pourront devenir très dépendants des importations en aliments pour animaux ».
L'autonomie alimentaire en question
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Selon Chantal Le Mouël, pour nourrir le monde de manière durable à l'horizon 2050, il faudrait « réduire notre consommation de viande, mais aussi diminuer le gaspillage alimentaire et diminuer l'utilisation non alimentaire de certaines productions ». De même, elle cite l'efficacité alimentaire comme levier d'action pour une production plus respectueuse de l'environnement. À la recherche donc de travailler sur la génétique des animaux pour favoriser le gain de poids musculaire (viande) à la suite de l'ingestion de faible quantité de fourrage ou d'autres aliments. Elle est également revenue sur la modification des régimes alimentaires entre 1961 et 2009, avec une augmentation de plus de 500 kilocalories consommées par jour et par personne, en moyenne, dans le monde, et une demande croissante en viande à l'avenir. Pour l'heure, le porc et le poulet tirent très bien leur épingle du jeu. En tant que monogastrique, le porc valorise d'ailleurs mieux son alimentation, et se développe donc beaucoup plus vite dans les pays d'Afrique ou d'Asie. Elle a aussi mis en avant la compétition sur les terres arables, aggravée par « un changement climatique qui pourrait fortement modifier les potentialités de production de certaines surfaces ».
Le 61e Congrès international sur les sciences et technologies de la viande (ICOMST 2015), s'est tenu du 24 au 28 août, à Clermont-Ferrand. Il a lieu une fois tous les vingt ans en France. Ce congrès, sponsorisé entre autres par Fleury Michon, Bigard, Interbev et Inaporc, réunit plus de 430 participants et 43 pays. Pour Véronique Santé-Lhoutelier, directrice de recherche à l'Inra et organisatrice du congrès, « il s'agit d'échanger sur la science mais aussi de faire connaître le patrimoine français ». Face à la crise que subit l'élevage français, elle imagine une meilleure valorisation des coproduits (os, viscère, peau…) issus de la viande. « Il y a un vrai potentiel d'innovation dans certains organes », explique-t-elle.