« C’est le millésime de l’espoir après la crise qui sévit depuis trois ou quatre ans, crise qui a entraîné des pertes à l’hectare de 500 à 1 000 euros par an », a déclaré Denis Verdier, président de la CCVF le 16 octobre à Paris à l’occasion d’un bilan de la vendange. Il a également évoqué la volonté des coopératives d’une réforme des interprofessions et du système d’aides à la promotion.
«Il est temps que les cours remontent, car bien des exploitations sont exsangues et les charges sociales et fiscales reportées les années passées en raison de la crise vont devoir être payées prochainement », a précisé Denis Verdier.
Les caves coopératives ont rencontré le négoce et la grande distribution pour demander un rattrapage des cours avec un minimum de hausse de 15% par an pour la campagne en cours et la suivante (les premières transactions des vins blancs affichent une hausse des prix de 20% à 25%). Les coopérateurs font en effet remarquer que les cours des vins de table rouges (départ cave en vrac) sont revenus au niveau de 2001 (environ -40%) et qu’un rattrapage est indispensable. Mais cette demande intervient dans un contexte peu favorable de hausse des matières premières agricoles. Le gouvernement et les distributeurs font pression pour une maîtrise des prix. Cependant, les cours pourraient remonter en raison d’une prévision de récolte mondiale en baisse et de stocks également en baisse en France dans toutes les productions (AOC, vin de table et de pays) à la suite des distillations notamment. Les disponibilités totales (stocks et vendange) s’élèvent à 86 Mhl. Un niveau « raisonnable », selon Denis Verdier.
Des aides à la promotion versées aux entreprises
Autre sujet abordé : le plan stratégique à 5 ans annoncé la semaine dernière par le ministre de l’Agriculture.
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« Il était temps qu’il y ait une gouvernance à moyen terme. Cela doit amener à un schéma de réorganisation de la filière », précise le président des coopérateurs, évoquant le 3 e axe du plan. Cette réorganisation passerait par un ménage important dans les interprofessions avec la création d’une interprofession unique par bassin de production, dans laquelle seraient représentées toutes les familles viticoles mais également le négoce et la distribution.
D’autre part, la filière viticole pourrait obtenir des aides à la promotion de Bruxelles, via la future OCM, à hauteur de quelque 30 millions d’euros. Les Vignerons coopérateurs souhaitent que les entreprises soient « au cœur du dispositif » c’est-à-dire qu’elles perçoivent directement les aides, à la condition qu’elles fassent des efforts à l’investissement et s’engagent en terme de résultats. Avant tout, les coopérateurs demandent un état des lieux des aides employées jusqu’à maintenant pour la promotion afin d’en mesurer la pertinence et l’efficacité.
Pour réussir sur les marchés extérieurs, ils sont prêts à suivre les mêmes règles de production que leurs concurrents. Parmi ces nouvelles règles : recours aux mêmes procédés technologiques et irrigation du vignoble. Quant aux questions environnementales, soulevées par le « Grenelle », elles ne doivent pas gêner la croissance, a prévenu Denis Verdier.