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Pesticides Le ministère de l’Agriculture mis en cause dans la gestion du chlordécone

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Deux rapports, l'un réalisé par l'Inra, l'autre par l'Afsset, pointent les dysfonctionnements au sein du ministère de l'Agriculture au moment de l'autorisation du chlordécone, un pesticide cancérigène qui s'accumule dans l'environnement et utilisé dans les bananeraies.

Un rapport de l'Inra, finalisé en juin dernier et dévoilé le 24 août par le quotidien Le Monde, met en cause le ministère de l'Agriculture dans la gestion du dossier du chlordécone, un pesticide utilisé pour lutter contre le charançon du bananier. L'auteur de ce rapport, le chercheur en sociologie Pierre-Benoît Joly, a retracé « la saga du chlordécone aux Antilles françaises » entre 1968 et 2008. Cette molécule de la famille de organochlorés s'accumule dans l'environnement, il a été classé comme cancérigène possible en 1979 et interdit aux Etats-Unis dès 1976. Le chercheur souligne « de véritables anomalies dans le cadre d'une approche de prévention ». Il pointe notamment l'absence de prise en compte « des risques avérés publiés dans de nombreux rapports aux Etats-Unis », et « l'influence des intérêts économiques » au sein de la Commission des toxiques chargée de décider de son autorisation dans les années 80. Selon lui, le ministère de l'Agriculture « exerçait dans le domaine un monopole de compétence qu'il ne partageait ni avec l'environnement ni avec la santé ».

L'influence de l'industrie bananière
Un autre rapport rédigé par l'Afsset en décembre 2009 et jamais divulgué, souligne aussi le poids économique de la culture de la banane dans la gestion du dossier chlordécone. « Face à la défense de l'industrie bananière française, on peut faire l'hypothèse que l'impact de l'utilisation de produits phytosanitaires sur l'environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques », écrivent ses auteurs.
Le chlordécone a finalement été interdit en France métropolitaine en 1990 et aux Antilles en 1993. Et un plan d'action pour la période 2008-2010 a été mis en place. Reste que « à la Martinique et en Guadeloupe, respectivement 19% et 15% des surfaces agricoles utiles sont contaminées, et 8% et 9% très contaminés », indiquait un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPCEST), publié en 2009.

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