« Il faut que les pouvoirs publics nous disent comment procéder pour être inattaquables », déclare, dans une interview aux journaux du groupe Réussir, Jean-François Isambert, secrétaire général de l’AGPB (producteurs de blé) et d’Orama (grandes cultures). Il s’agit de mettre au point un système de soutien de solidarité émanant des céréaliers et au bénéfice des éleveurs de bovins à viande comme cela avait été annoncé au dernier congrès de la FNSEA et comme l’ont demandé les éleveurs lors de la manifestation de Clermont-Ferrand le 16 septembre. Le ministre devrait répondre prochainement à cette demande d’expertise de la part des céréaliers.
«Pour ceux qui l’auraient oublié, affirme Jean-François Isambert, secrétaire général de l’AGPB (producteurs de blé), il y a en ce moment un procès à Paris où l’on est en train de juger cette solidarité ». Cette référence au procès d’Unigrains qui se déroule jusqu’à mi-octobre est claire. Il n’est pas question pour les céréaliers, s’ils répondent à la demande des éleveurs d’une contribution de solidarité, de se mettre en position fragile sur le plan juridique.
Une telle contribution, que l’AGPB veut conjoncturelle et dépendante des niveaux de prix atteints sur les marchés, est en tout cas à l’étude. L’enveloppe globale de 100 millions d’euros a été plusieurs fois évoquée et le système pourrait prendre la forme d’une aide liée à l’achat d’aliments du bétail. Le ministre de l’Agriculture, sollicité sur la viabilité du système, pourrait l’annoncer dans le cadre d’un plan de soutien aux éleveurs présenté lors d’une conférence sur le revenu ou peu avant. Cette conférence est envisagée pour mi-novembre.
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L’unité professionnel à l’épreuve ?
Le secrétaire général d’Orama est beaucoup plus réservé sur les projets plus pérennes de rééquilibrage des aides Pac au profit de l’élevage extensif via la modulation et l’article 68 de la Pac. Selon lui, les céréaliers ont conditionné ce rééquilibrage à un maximum de 5% des aides, à une « vraie amélioration de la dotation pour aléas » et une « réelle accessibilité à l’assurance-récolte ». Or, il constate « qu’il y a toujours sur la table 8% de modulation supplémentaire sur le total des paiements directs et, au titre de l’article 68, 10% sur les seuls DPU, donc rien sur les aides couplées ». De plus, « certains (le ministre, N.D.L.R.) prêchent pour moins de modulation et plus d’article 68 ». « Cela signifie qu’au final la ponction sur les grandes cultures et le lait (les deux principaux secteurs bénéficiant de DPU découplés) serait très forte ». « Aucune unité professionnelle ne saurait résister à une telle perspective, à l’évidence », conclut-il. Jean-François Isambert estimait, peu avant, que l’augmentation des charges prévue entre 2006 et 2009 serait de 250 euros à l’ha pour les grandes cultures contre 190 euros/ha pour les viandes rouges.