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Viande bovine Le ministère met en place un groupe de négociation entre éleveurs et industriels

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Le ministère de l’Agriculture va servir de médiateur pour débloquer la situation qui oppose éleveurs de bovins et industriels au sein de l’interprofession bovine, Interbev. Les éleveurs, qui demandent plus de transparence dans le classement des carcasses, ont bloqué pendant deux jours six abattoirs dans l’ouest de la France. Un groupe de travail va entamer des discussions qui devraient aboutir à un premier rapport d’étape à la fin du mois de janvier.

Une réunion de négociations sous la direction de Michel Cadot, chef de cabinet de Michel Barnier, s’est tenue au ministère de l’Agriculture mercredi 19 novembre, pour mettre fin au conflit qui oppose éleveurs bovins et abatteurs depuis quelques jours dans l’ouest de la France. Le ministère de l’Agriculture va nommer dans les prochains jours un observateur pour piloter un groupe de travail qui réunira les présidents de la FNB – pour la production –, de la FNICGV (Fédération nationale de l’industrie et des commerces en gros des viandes) et du SNIV (Syndicat national de l’industrie des viandes) – pour les industriels. Les négociations porteront principalement sur la définition d’une norme de classement des carcasses qui sert à fixer leur prix d’achat. Un rapport d’étape est d’ores et déjà prévu pour la fin du mois de février 2009.

Déblocage des sites

Suite à cette entrevue, tous les blocages d’abattoirs ont été levés. Dès mardi 18 novembre au soir, les manifestants avaient commencé à laisser passer les camions vers les usines mais n’avaient pas quitté les lieux. Dans le Maine-et-Loire, une soixantaine d’éleveurs avaient bloqué l’abattoir Soviba au Lion d’Angers et une autre soixantaine celui de Charal à Cholet, empêchant toute entrée et sortie des unités de transformation. Dans la Sarthe, un nombre similaire d’éleveurs avait empêché l’accès à l’abattoir Socopa à La Ferté-Bernard et à celui de Charal à Sablé, ainsi qu’à deux sites de Vendée (Charal à La Châtaigneraie et Socopa à La Roche-sur-Yon). Le ministère a demandé aux deux familles professionnelles d’éviter les tensions dans les départements en attendant la présentation des premières conclusions fin janvier.

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Transparence des prix

Les éleveurs protestent contre la chute des prix à la production alors que les charges ont fortement progressé. Ils demandent donc la transparence du classement et de la pesée des carcasses. Pour cela ils veulent généraliser l’utilisation des machines à classer les carcasses (qui la définit selon sa conformation, son niveau d’engraissement…). « Les machines ne sont pas utilisées par les abatteurs et les carcasses ne sont pas appréciées comme elles le devraient au détriment des éleveurs », déplore Jean-Paul Goutines de la FRSEA pays de Loire. Dans un communiqué du 19 novembre, la FNB estime que « la présentation des carcasses se dégrade depuis plusieurs mois. L’administration a adressé pas moins de 180 rappels à la réglementation et 20 procès-verbaux ont été transmis aux procureurs de la République ».

Une machine inefficace

Pour le Sniv, la baisse des prix est due au « déstockage des vaches laitières de réforme que les éleveurs avaient gardé l’an dernier en raison des prix élevés du lait ». Dans un communiqué du 19 novembre, le syndicat estime que la machine à classer n’est pas efficace et contribue à surclasser certaines carcasses. Enfin, le Sniv demande aux éleveurs de mieux adapter le poids de leurs animaux à la demande et d’améliorer l’état d’engraissement des vaches laitières. Place maintenant aux négociations, mais les éleveurs promettent de rester vigilants.