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Allemagne Le ministre allemand de l'Agriculture réservé sur le verdissement de la Pac

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Le nouveau ministre allemand de l'agriculture, Hans-Peter Friedrich, est réservé sur le verdissement de la Pac, surtout les surfaces d'intérêt écologique. Selon lui, toutes les terres disponibles doivent être cultivées.

« Nous avons une obligation éthique et morale de produire, de manière pérenne, des denrées alimentaires sur les surfaces que nous avons », a déclaré le 16 janvier Hans-Peter Friedrich lors d'une conférence de presse dans le cadre de la Semaine verte de Berlin, la Grüne Woche, une de ses premières apparitions publiques depuis la constitution du nouveau gouvernement le mois dernier.

Issu du parti conservateur bavarois comme Ilse Aigner qui l'a précédé dans la fonction, le nouveau ministre allemand de l'agriculture a ainsi fait part de ses réserves à l'égard des mesures de verdissement de la Pac réformée, en particulier les surfaces d'intérêt écologique. Il a aussi indiqué qu'il n'avait pas l'intention de soutenir plus intensément la production biologique, dont la croissance reste nettement en-dessous des objectifs fixés il y a quelques années. « C'est le consommateur qui décide en dernière instance ce qui doit être produit, a-t-il argumenté. Nous ne pouvons pas faire de certains segments des niches subventionnées ».

Mise en garde de Dacian Ciolos

« Nous avons décidé de ne pas rentrer dans le détail » et de laisser à chaque pays le loisir de fixer ses règles pour le verdissement, a précisé pour sa part Dacian Ciolos quelques heures plus tard, lors d'une conférence de presse à Berlin. Toutefois, a averti le commissaire européen à l'agriculture, « les États membres auront l'obligation de prouver que les mesures (prises) profitent à la biodiversité et à la qualité du sol. Si ce n'est pas le cas, nous refuserons leurs propositions ».

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En revanche, le président de la fédération des agriculteurs allemands DBV, Joachim Rukwied, a salué les propos du nouveau ministre. « Une utilisation productive (des surfaces), avec le recours à des engrais, est nécessaire, c'est aussi notre avis, parce que toute autre solution se traduirait par des baisses de revenus », a-t-il fait valoir (1).

Le 7 janvier, Hans-Peter Friedrich avait eu un entretien à Paris avec son homologue français, Stéphane Le Foll, à l'issue duquel ce dernier avait fait état d' « une vision partagée visant à combiner impératifs de production et impératifs environnementaux ». Les deux ministres avaient décidé la création d'un groupe de travail franco-allemand sur « l'agro-écologie ».

Quelque 30 000 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté le 18 janvier à Berlin pour réclamer notamment une agriculture plus respectueuse de l'environnement (2).

(1) et (2) Voir même numéro