Que ce soit sur les négociations autour du bilan de santé de la Pac, sur les menaces qui pèsent à Bruxelles à propos du régime fiscal des coopératives ou sur l’augmentation du poids des camions, le ministre de l’Agriculture a apporté son soutien aux coopératives agricoles, dans le cadre du congrès Coop de France le 13 novembre dernier.
Forte de ses 80 milliards de chiffre d’affaires et de ses 150 000 salariés, la coopération agricole française se pose des questions. La crise économique et le bilan de santé de la Pac sont loin de rassurer. Les adhérents des coopératives n’échappent pas à la « perte totale de repères » qui touche les citoyens, a souligné à l’intention du ministre de l’Agriculture Philippe Mangin, président de Coop de France, le 13 novembre lors du premier congrès de la structure à Paris. D’autant plus que la plainte déposée à Bruxelles par le négoce à l’encontre des spécificités fiscales des coopératives court toujours. « Ce sont les contraintes spécifiques applicables aux seules coopératives qui ont justifié et justifient un régime fiscal dérogatoire », a commenté Michel Barnier, signalant qu’il continuerait d’apporter son « soutien le plus déterminé » au dossier. Selon lui, la Commission « semble infléchir sa position ».
L’intervention parmi « les points durs » de la négociation
Globalement, le ministre s’est montré en phase avec les préoccupations des coopérateurs, qu’elles soient bruxelloises ou franco-françaises. Il a même indiqué qu’il discutait avec le ministère de l’Ecologie d’un projet de décret permettant l’alourdissement des camions de 40 à 44 tonnes, une mesure très attendue par la coopération.
Sur la question des régulations et tout particulièrement de l’intervention, qui préoccupe fortement, il a reconnu que cela faisait partie des « points durs » de la négociation, au même titre que le niveau et les modalités de la modulation, ou les conditions de sortie des quotas laitiers. « Je suis raisonnablement optimiste », a toutefois souligné le ministre, attendant la « boîte à outils » qui doit être définie la semaine prochaine à l’issue du conseil des ministres européens de l’Agriculture. Sur le paquet pesticides, Michel Barnier a pris note des inquiétudes, partagées depuis des mois par une bonne part du monde agricole. Maintenir la capacité de l’Europe à produire fait selon lui partie des trois objectifs de cet ensemble réglementaire, aux côtés de l’harmonisation des règles entre les Etats membres et du renforcement de la protection des applicateurs, de l’environnement et des consommateurs.
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L’observatoire des prix et des marges pas limité à l’observation
Sur le plan industriel, Philippe Mangin a tenu à signaler au ministre les difficultés de mise en œuvre de la loi de modernisation économique, qui, selon lui, « renforce la grande distribution à qui les clés du pouvoir d’achat ont été remises ». Michel Barnier a répondu en évoquant l’observatoire des prix et des marges, présenté la veille, et qui ne doit pas « se limiter à observer ».
Concernant le conseil agricole, Philippe Mangin a rappelé les incertitudes relatives à la séparation de la vente des produits et du conseil. « Le débat politique ne semble toujours pas tranché, a-t-il souligné. Comment alors mobiliser nos 7 500 conseillers si nous ne levons pas cette menace stupide ? ». L’une des rares questions que le ministre a laissé sans réponse.