« Des ruines pour l’aide ovine en 2018 », a titré gravement la Fédération nationale ovine (FNO) , sur son communiqué du 14 décembre. La Confédération paysanne rétorquait le lendemain : « Aide ovine : des avancées pour une meilleure répartition de l’aide ! ». Et, effectivement, le mode de répartition des aides ovines divise la profession.
Actuellement, les majorations d'aide liées à la contractualisation (9 €) et à l’installation (6 €) ont été supprimées à la suite d’une demande de la Commission européenne qui estime que ces majorations n’étaient pas conformes au règlement. Pour autant, l’enveloppe de l’aide ovine reste identique, il s'agit d'une répartition différente entre éleveurs. Pour autant, suite au transfert financier du premier vers le deuxième pilier de la Pac effectué en août dernier, une baisse de budget est à prévoir pour 2018. D’après la FNO, le montant de l’enveloppe passerait à 113,9 millions d’euros en 2018 contre 119 millions en 2017.
La Conf’ déplore « la fin du soutien spécifique aux jeunes installés ». Au contraire, la Coordination rurale (CR), interrogée sur le sujet, estime que le soutien n’était pas assez important pour avoir un vrai impact, et donc trouve plutôt positive cette suppression. La fin de la majoration liée à la contractualisation est aussi plutôt bien vue par la CR qui revendique des contrats non obligatoires pour préserver la liberté d’entreprendre de l’éleveur.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le sujet sensible réside maintenant dans la conditionnalité à la productivité de cette aide ovine qui est actuellement de 0,5 agneau vendu par brebis. « Le nombre de brebis primées continuera de dépendre du nombre d’agneaux vendus, sans tenir compte du nécessaire renouvellement du troupeau », soulignait ainsi la Conf’ le 15 décembre. La FNO souhaite une augmentation de ce niveau de productivité au-delà de 0,5 agneau vendu par brebis. La CR préférerait conserver le niveau actuel, alors que la Conf’ veut au contraire l’abaisser afin de soutenir davantage d’éleveurs et de ne pas sélectionner tel ou tel système de production. En attendant, le ministère travaille le dossier avec Bruxelles pour continuer à faire évoluer l’aide.
Les majorations d'aide liées à la contractualisation (9 €) et à l’installation (6 €) ont été supprimées