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UE/Compétitivité Le modèle agroalimentaire européen « n’est pas assez reconnu au niveau mondial »

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« Non, le modèle agroalimentaire européen n’est pas suffisamment connu et reconnu au niveau international ». C’est en tout cas la réponse que la grande majorité des ministres de l’Agriculture de l’UE ont apportée à un questionnaire préparé par la présidence espagnole à l’occasion d’un Conseil agricole le 17 mai dont l’un des thèmes principaux portait sur la compétitivité du modèle agroalimentaire européen sur le plan international. Quant à la question de savoir comment promouvoir le modèle européen à l’étranger et améliorer la position de négociation de l’UE avec les pays tiers, les réponses ont été un peu moins unanimes.

Le 17 mai à Bruxelles les ministres de l’Agriculture de l’UE ont procédé à un échange de vues sur la compétitivité du modèle agroalimentaire européen au niveau international sur la base d’un questionnaire de la présidence espagnole : « Le modèle agroalimentaire européen est-il, selon vous, suffisamment connu et reconnu au niveau international ? De quelle façon devrions-nous le promouvoir et améliorer notre position de négociation avec les pays tiers » ? Telle était la question posée à leurs excellences. La quasi-totalité des ministres (ou de leurs représentants) ont répondu « non » à cette question. Etayant leurs réponses, plusieurs ministres ont expliqué que les normes européennes, qui, d’un côté, concernent l’hygiène et la sécurité alimentaire, et de l’autre, portent sur la protection de l’environnement, la politique de qualité des produits et le bien-être animal, « ne sont pas assez connues aussi bien sur les marchés de l’UE que sur le marché international ». Ils ont donc estimé nécessaire de mener des actions pour faire connaître les efforts entrepris par les agriculteurs et les transformateurs européens pour mettre sur le marché de bons produits, sains et respectant aussi bien l’environnement que le bien-être animal. « La France a insisté sur le fait qu’il faut non seulement pousser davantage pour faire connaître nos normes au niveau international mais également faire partager nos normes non commerciales telles que par exemple le bien-être animal », nous a indiqué Philippe Duclaud, délégué aux affaires agricoles à la Représentation française auprès de l’UE à Bruxelles.

Compenser les surcoûts entraînés par le modèle européen ?
Par ailleurs, les ministres européens ont en général estimé que le modèle agroalimentaire européen répond aux exigences et attentes des citoyens européens. Tout en reconnaissant également la viabilité de ce modèle, ils ont toutefois souligné l’impact du coût du niveau élevé des normes de l’UE sur le revenu des producteurs européens. Ce qui a fait dire à la délégation française (1) qu’il serait justifié de « compenser par des aides directes les surcoûts induits par les mesures imposées aux agriculteurs européens ».
Quant à la question de savoir si les instruments qui sont actuellement utilisés pour promouvoir le modèle agroalimentaire leur semblent « utiles, adéquats et nécessaires dans le contexte de la nouvelle PAC et de quelle manière on pourrait en améliorer l’efficacité », ici aussi la plupart des ministres ont estimé que les instruments actuels de promotion de l’agroalimentaire sont utiles, même si plusieurs d’entre eux ont souligné, toutefois, que des améliorations étaient possibles soit par une réduction des charges administratives soit en accroissant les mesures de flexibilité. Plusieurs suggestions ont été faites comme par exemple la possibilité d’appliquer l’ensemble des normes de l’UE aux importations (à savoir la réciprocité) ou encore d’exporter le modèle agroalimentaire européen vers les pays tiers (par exemple par le biais des organisations internationales ou bilatérales). D’autres encore ont suggéré d’expliquer la valeur ajoutée des normes européennes par des campagnes de promotion ou d’étiquetage. Pour sa part, la France a fait savoir que l’Union européenne devait « non seulement pratiquer une politique promotionnelle beaucoup plus ambitieuse qui prenne aussi en compte un nécessaire rééquilibrage au sein de la chaîne alimentaire mais également exiger un étiquetage très clair des produits alimentaires ». Quelques ministres originaires de pays réputés « libéraux » (comme la Suède ou les Pays-bas) ont quant à eux estimé que « ce n’était pas le rôle de l’Union de faire la promotion des produits alimentaires sur le marché mondial ». A la demande du Conseil des ministres (faite en décembre 2008), la Commission a engagé une réflexion interne en vue de préparer un rapport de situation détaillé sur l’impact économique des risques et des opportunités qui se présentent lorsque les normes internationales et celles de l’UE divergent. Ce rapport devrait être disponible d’ici la fin de 2010, a promis la Commission.

(1) Le ministre français Bruno Le Maire, n’était pas présent au débat en raison de sa convocation à l’Elysée pour discuter des marges des distributeurs sur les fruits et légumes

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