La mise en place d’un moratoire sur le maïs transgénique MON 810, suggérée par Alain Juppé, n’est plus d’actualité. Le ministre de l’Ecologie s’est rangé derrière l’avis rendu par la commission du génie biomoléculaire le 14 juin. L’instance scientifique affirme que les données avancées par Greenpeace n’apportent pas d’éléments susceptibles de remettre en cause l’évaluation environnementale de la culture du maïs MN 810
«Alain Juppé et Christine Lagarde prennent acte de l’avis rendu par la commission du génie biomoléculaire (CGB) ». C’est par un communiqué laconique que les deux ministres ont mis fin à un différend mis sur la place publique à la fin du mois dernier. Frappé par la décision de l’Allemagne de décréter un moratoire sur le semences de maïs MON 810, le ministre de l’Ecologie avait en effet déclaré le 25 mai que la France devait « s’inspirer » de la décision adoptée outre-Rhin. Dans la foulée, Christine Lagarde, la ministre de l’Agriculture, avait allumé un contre-feu expliquant qu’il fallait « se donner le temps de la réflexion avant une décision ».
Les deux ministres avaient demandé à la CGB de leur fournir un avis sur le rapport de Greenpeace à l’origine de cette affaire.
Rendu public le 14 juin, cet avis indique que les données scientifiques apportées par Greenpeace « n’apportent pas d’éléments pertinents de nature à remettre en question l’évaluation environnementale de la culture du maïs MON 810 ». Marc Fellous, le président de la CGB, explique que le rapport de Greenpeace n’est pas suffisamment complet pour en analyser la pertinence. Le protocole retenu par l’association écologiste « n’est pas suffisamment détaillé pour juger la validité des mesures en vue d’une comparaison avec d’autres études », écrit-il. Le protocole ne permet pas de déterminer si les concentrations de toxine Bt observées dans l’étude correspondent à la production réelle de toxine dans les plantes testées, ajoute-t-il. A l’avenir, la CGB suggère que les protocoles utilisés pour de telles études soient standardisés et suivent une procédure d’assurance qualité.
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Sur l’hypothèse d’une toxicité accrue de la protéine Cry1Ab produite par le maïs MON 810 pour l’entomofaune, la CGB renvoie à une récente étude publiée dans la revue Science selon laquelle, les variétés MON 810 n’ont pas plus d’impact sur les invertébrés non cibles que les autres variétés de maïs Bt, et que cet impact est limité et inférieur à celui des traitements insecticides.
Pas de remise en cause, donc. Et pas de moratoire. Les deux ministres affirment qu’ils exerceront une « grande vigilance » sur la manière dont sont conduites en France les cultures d’OGM.