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Le monde agricole, bon élève de l'exportation collaborative

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Le monde agricole et agroalimentaire est un élément moteur de l'exportation collaborative, cette façon d'aborder les marchés internationaux en partageant des ressources avec d'autres producteurs ou exportateurs. La première rencontre d'exportation collaborative du Medef a été organisée le 28 juin par l’Adepta (équipementiers exportateurs des filières agricoles), en attendant d’autres événements de ce genre dans d’autres domaines de l’économie. Cette rencontre a permis de dégager 33 projets.

Le premier « meet up » (rencontre organisée) dédié aux pratiques de l’exportation collaborative du Medef s’est tenu le 28 juin, pour les secteurs agricole et agroalimentaire, et co-organisé par l’Adepta (Association pour le développement des échanges internationaux des produits et techniques agroalimentaires) et l’OSCI (Fédération des sociétés d’accompagnement et de commerce international).

Plus de projets sélectionnés que prévu

« C’est la première fois que ce concept a été ainsi organisé au Medef. Il correspond au principe de “chasser en équipe’’ de Pierre Gattaz »

Lors de cette rencontre, 33 projets de prospection export en commun, appelés « tracks », ont été sélectionnés. À chaque track est associé un pays et une filière, et chaque filière a un chef de file d’entreprises, qui porte le projet. Cette rencontre a rassemblé 230 personnes et 190 entreprises, a indiqué Ena Gautruche, chef de projet du réseau « Exportation Collaborative », constitué autour du Medef et de l’OSCI. « Nous attendions 20 tracks, nous en avons sélectionné 33 ». « C’est la première fois que ce concept a été ainsi organisé au Medef. Il correspond au principe de “chasser en équipe’’ de Pierre Gattaz (président du Medef) », a commenté pour sa part Léonard Cox, chef de cabinet du président du Medef et conseiller chargé de la mondialisation. Un suivi de ces 33 projets aura lieu, a précisé Vanessa Quéré, directrice de l’export et des régions à l’Association nationale de l’industrie alimentaire (Ania). L’Ania était partenaire du meet-up, ainsi que la FC2A, la Fédération du commerce agricole et agroalimentaire. Les prochains meet-ups, organisés sur d’autres secteurs que l’agriculture et l’agroalimentaire se tiendront à l’automne prochain, sur l’environnement, la ville durable, le numérique et la santé.

Des filières sans OGM aux chaudières à biomasse en passant par les fermes aquacoles

Voici quelques exemples parmi les 33 tracks sélectionnés le 28 juin. Comme on le voit, l’objectif est de monter des filières, clé en main, en associant tous les maillons.

Ghana. Développer une industrie de transformation des productions agricoles locales : cacao, fruits tropicaux, fruits secs, poisson. Les exportations sont essentiellement constituées de produits non-transformés à faible valeur ajoutée. Une partie importante de la production est perdue, faute d'activités locales de transformation.

Iran. Exporter des farines françaises afin de faire face aux difficultés de production céréalière locale : exportation de farines biologiques, non biologiques et sarrasin.

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États-Unis. Créer un groupement composé d'entreprises exportatrices de produits sans OGM, notamment sur les surgelés. « La quasi totalité des aliments consommés contiennent des OGM. Il y a un manque de transparence en terme d'étiquetage que les consommateurs contestent. Les produits français certifiés sans OGM ont donc une place à prendre », indique le site www.exportation-collaborative.fr sur sa page « meetup-agri-agro ».

Scandinavie. Capitaliser sur les expertises de « Bretagne filières » pour conquérir de nouveaux marchés, notamment en Norvège. Pisciculture marine (crevette, turbot, bar, daurade, mérou, etc.), algoculture (dont micro-algues), conchyliculture, transformation industrielle.

Bien d’autres projets sont lancés, comme la formation d’œnologues au Vietnam, où le taux de croissance du marché des vins et spiritueux ne représente que 8,8% du marché des boissons alcoolisées, en croissance de 6% par an. De même l’installation de chaudières à biomasse en Côte d’Ivoire pour fournir eau chaude et vapeur à des entreprises et des hôtels et hôpitaux.

Ces 33 projets sont consultables sur http://www.exportation-collaborative.fr/meetup-agri-agro.

Les marchés prioritaires dans les prochains mois, selon l’Adepta

Après un travail de prospection, l’Adepta a identifié plusieurs domaines « prometteurs » qui s’offrent aux équipementiers français, comme « marchés prioritaires dans les mois à venir ». Voici une liste non exhaustive, qu’elle a dressée pour son assemblée générale qui s’est tenue le 24 juin : États-Unis : secteur de l’emballage dans l’agroalimentaire et secteur vitivinicole. Mexique : secteurs de l’élevage et de l’industrie agroalimentaire. Chine : chaîne du froid dans tous les secteurs de l’agroalimentaire. Angola : élevage (bovin, avicole, porcin), céréales (boulangerie/biscuits), semences et équipements agricoles. Nigéria : tous les secteurs agroalimentaires sont concernés pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Iran : secteurs agroindustriel et agroalimentaire, filière élevage (bovins et petits ruminants) plus particulièrement. Kazakhstan : secteur de l’élevage.

L’assemblée générale de l’Adepta s’est tenue le jour des résultats du Brexit, avec la participation d’Hubert Védrine, ancien Ministre des Affaires Etrangères, qui est  intervenu sur le thème : « Quelles décisions économiques dans un monde instable et imprévisible ? ». L’Adepta, née d’une volonté publique (ministère de l’Agriculture et Centre français du commerce extérieur, aujourd’hui Business-France) en 1977, compte 62% de PME, 20% d’ETI (taille intermédiaire), 13% de TPE (moins de 10 salariés) et 5% d’acteurs importants acteurs de l’agriculture comme la Cooperl, Axéréal et In Vivo, qui sont entrés ces dernières années dans l’association.