A quelques mois de la conférence climatique de Paris, le monde artistique a présenté son agenda culturel pour ce rendez-vous mondial « technocratique » et « scientifique ». Les artistes veulent aussi donner une approche « sensible » au changement climatique.
« On a le sentiment que les débats relayés sur la COP21 sont soit technocratiques soit très scientifiques. Il manque une approche sensible », a déclaré Loïc Fel, animateur de Coal (coalition art et développement durable), en conférence de présentation d'ARTCOP21, l'agenda culturel Paris Climat 2015 à Paris, le 2 juillet. L'objectif du monde artistique est de « mobiliser les citoyens en créant une culture du développement durable », précise Loïc Fel, aussi docteur en philosophie des techniques et des sciences, « un peu comme cela avait été fait au milieu du XIXe siècle avec l'industrialisation ». Les artistes en France et dans le monde se saisissent de la scène de la COP21 pour relayer un imaginaire commun du développement durable et du changement climatique.
Tout au long de la COP21, des conférences, des rencontres, des performances seront ouvertes au grand public.
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« L'agriculture et l'alimentation sont des thèmes qui mobilisent les artistes », confirme Lauranne Germond de l'association Coal. A Paris, le projet « One heart one tree » de l'artiste Naziha Mestaoui est un projet pour la reforestation, notamment l'agroforesterie. Chaque arbre conçu virtuellement avec une application smartphone génèrera un autre arbre bien réel. En Angleterre, le projet « the Milking Parlour » devrait donner lieu à une performance artistique à Bristol en automne 2015. « Vanessa Reid va rester plusieurs jours dans une boîte transparente avec une vache laitière. L'idée est de montrer toute la complexité du travail de l'éleveur au quotidien », précise Lucy Wood, directrice de programme pour l'ONG londonienne de Cape Farewell (réponse culturelle au changement climatique). « On verra bien la réaction des passants », poursuit-elle, enthousiaste. Derrière, le message est on ne peut plus économique. « En Angleterre, le lait coûte moins cher que l'eau. L'artiste veut montrer aux gens les difficultés des petits éleveurs qui ne sont pas suffisamment payés », explique Lucy Wood. A suivre à l'automne prochain…