Après les menaces ou les crises sanitaires avérées de la précédente décennie, et avec le soupçon jeté plus récemment sur l’offre alimentaire par le matraquage de messages de santé publique, les industriels pensaient peut-être avoir toute l’opinion contre eux. Ce n’est pas le cas : les Français n’ont pas perdu une once de confiance dans la qualité des produits offerts par les entreprises, si l’on en croit le sondage commandé par l’Ania pour ses Assises 2008.

Voilà de quoi redonner le moral à ses troupes et, qui sait ? faire cesser tant de battage inutile puisqu’il ne semble même plus émouvoir. Ce ne serait pas du luxe pour réduire la pression pseudo-consumériste souvent créée par les hommes politiques ou les distributeurs.

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Le sondage de l’Ania n’est pourtant pas tout rose : la sensibilité des Français au pouvoir d’achat et l’exploitation médiatique et électorale qui en a été faite mettent le prix du panier au cœur de tous les mécontentements. Au point que les sondés ont l’impression que la part de l’alimentation a augmenté dans leur budget. Là, la leçon est brutale, signe d’un retournement auquel la profession ne s’était pas du tout préparée. Trop d’années pratiquement indemnes d’inflation ont fait qu’industriels et distributeurs ont négligé d’autres modes de différenciation que le prix et laissé croire que des produits de qualité croissante étaient aussi accessibles que des commodités. Au moment où il leur faut s’entendre pour remplir et animer les linéaires pour l’année à venir, les deux partenaires auront fort à faire pour recréer ensemble de la valeur, séduire à nouveau et, qui plus est, satisfaire des attentes sociétales qui n’ont pas disparu, malgré la conjoncture.