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Vin Le moral des Vignerons Indépendants en recul mais encore élevé

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Le moral des Vignerons Indépendants quant à l’avenir de leurs exploitations est en recul par rapport à celui de l’an dernier, mais il reste encore élevé, avec un taux de sérénité de 60%. C’est ce qu’indique un baromètre de confiance des Vignerons Indépendants, publié au Salon de l’agriculture le 28 février.

En un an, le moral des membres du réseau des Vignerons Indépendants a baissé, mais il reste élevé, avec 60% se déclarant « sereins » au sujet de l’avenir de leurs exploitations. Le baromètre de confiance du réseau, qui revendique 6 500 membres regroupés dans 30 fédérations départementales, sur un total de 20 000 vignerons indépendants, a été réalisé en décembre 2011. C’est la seconde édition du genre.

Un taux élevé d’optimistes
En décembre, 60,4% des adhérents Vignerons Indépendants de France (Vif) se sont déclarés sereins (57,8%), voire très sereins (2,6%). En un an, le moral des vignerons a baissé, passant de 65,5% en décembre 2010 à 60,4% en décembre.
La diminution du taux de confiance d’une année sur l’autre est due à l’environnement extérieur : la crise économique, l’élévation continue des coûts de production (énergie, intrants, prélèvements sociaux).
Pour les Vif, le taux de 60% est « un taux élevé », qui tranche par rapport à ceux rencontrés dans d’autres secteurs économiques. L’organisation nationale cite, à titre de comparaison, un exemple proche, celui des patrons des très petites entreprises (TPE), puisque les vignerons indépendants sont aussi des dirigeants de TPE. Selon un baromètre de conjoncture, publié par l’Ifop fin février, 83% de dirigeants de ce type d’entreprises se disaient inquiets.
Pour les Vif, les ressorts de cet optimisme tiennent notamment à la « réactivité » des producteurs. Ceux-ci se sont adaptés à l’évolution des formats de vente, passant du vrac à la bouteille. Ainsi, bien que plus d’un adhérent sur deux vende du vin en vrac, 98% des vraqueurs sont aussi embouteilleurs. À telle enseigne qu’avec 37,7% des volumes vendus (deux millions d’hectolitres), le vrac ne représente que 15,9% du chiffre d’affaires total des adhérents (soit 0,29 milliard d’euros). En un an, les adhérents des Vif se sont orientés massivement vers la réduction du vrac : les adhérents vraqueurs (exclusivement ou non) sont passés de 56,4% en mars 2011 à 41,2% en décembre, alors que dans le même temps la proportion d’adhérents exclusivement embouteilleurs est passée de 40,2% à 50,1%.

Une nouvelle frontière, le bio
Parmi les éléments explicatifs du bon niveau de moral des vignerons indépendants, les Vif signalent d’une part « une belle production en France » (50 millions d’hectolitres, soit « un niveau normal après quatre années de vaches maigres »). Et d’autre part une poursuite de la reconquête de parts de marché des viticulteurs français à l’export, entamée en 2010, après un décrochage en 2007.
En outre, ils sont 96,1% à vendre au domaine et 73,3% en foires, salons et marchés. Ils réalisent 23% de leurs ventes en volume sur ces deux circuits.
Un autre ressort de leur optimisme est la perspective pour eux de s’orienter vers un mode de production loin d’être saturé, l’agriculture biologique. En décembre 2010, ils étaient 21,9% des adhérents certifiés AB ou en conversion ; un an plus tard ils étaient 26,6%.
Enfin, 68% des adhérents exportent (par comparaison, seulement 6% des TPE exportent), et 73,4% de ceux qui exportent le font vers les pays tiers. Les adhérents réalisent en moyenne 20% de leur chiffre d’affaires à l’export (400 millions d’euros au total pour le réseau). Ceux qui exportent ont meilleur moral que ceux qui n’exportent pas : 63,6% des premiers sont « sereins ou très sereins ». La proportion tombe à 53,4% pour les seconds.

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