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Faim dans le monde Le nombre de victimes de la faim en recul pour la première fois depuis quinze ans

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Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a baissé en 2010, pour la première fois en 15 ans, à 925 millions, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui juge néanmoins ce chiffre « inadmissible ». Pour la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM), cette baisse résulte avant tout d’une conjoncture économique plus favorable en 2010, notamment dans les pays en développement, et de la baisse des prix alimentaires à l’échelle mondiale.

Même si le nombre d’affamés repasse sous le seuil symbolique du milliard, dépassé en 2009 (1 023 millions, soit une baisse de 9,6%), la FAO se refuse à tout triomphalisme. « Une personne sur six se réveille sans avoir de quoi manger », rappelle Josette Sheeran, directrice générale du PAM.
Le premier objectif du Millénaire pour le développement adopté en 2000 prévoyait de passer de 20% à 10% de sous-alimentés dans le monde d’ici à 2015, et « nous n’en sommes qu’à 16% », indique Jacques Diouf, directeur général de la FAO, pour qui « cet objectif s’annonce très difficile à atteindre ». « Il est temps, affirme-t-il, de s’attaquer aux vraies causes de la faim dans le monde », notamment avec « des investissements accrus dans l’agriculture », des « filets de sécurité » (réserves en cas de pénurie) et des programmes d’aide sociale. Faute de quoi, « nous sommes condamnés à toujours devoir nous contenter de gérer de nouvelles situations de crise », a plaidé M. Diouf, rappelant des « expériences réussies dans certains pays, comme le Congo ou le Viet Nam », qu’il faut « encourager et étendre ». La baisse du nombre d’affamés s’est ressentie dans toutes les régions du monde. L’Asie-Pacifique, la plus massivement touchée avec 578 millions de personnes affamées, est aussi celle où la faim a le plus reculé, avec une baisse de 12% par rapport à 2009. La proportion d’affamés reste la plus forte en Afrique sub-saharienne (30%) et les deux tiers des 925 millions de personnes sous-alimentées se retrouvent dans seulement sept pays : Bangladesh, Chine, République démocratique du Congo, Ethiopie, Inde, Indonésie et Pakistan. Pour Oxfam, ce recul de la faim est dû à « la chance ». « Seule manque la volonté politique » de réduire de moitié la sous-alimentation dans le monde d’ici à 2015, souligne cette organisation non-gouvernementale. Une autre ONG, ActionAid, rappelle de son côté que « la sous-alimentation continue de coûter 350 milliards d’euros par an aux pays pauvres ». « Les gouvernements devraient se souvenir, indique-t-elle, qu’il est dix fois plus coûteux d’ignorer la faim que de la combattre. »

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