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Conversions Le nombre d’exploitations bio a doublé en dix ans

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L’agriculture biologique continue de progresser, note l’Agence bio, qui a présenté ses chiffres annuels le 14 février à Paris. La production de céréales bio reste à la peine et les incertitudes sont grandes sur le levier que constituera la Pac après 2013.

Au terme d’une année qui a mis à plusieurs reprises l’agriculture biologique sur le devant de la scène médiatique, l’Agence bio a présenté les chiffres annuels de la filière, le 14 février à Paris. Fin 2011, environ 950 000 hectares étaient convertis ou en conversion à l’agriculture biologique, soit 3,4 % de la SAU française. 23 100 exploitations sont concernées, soit 12 % de plus qu’en 2010 et 4,6 % des exploitations de l’Hexagone, ainsi que 12 000 transformateurs et distributeurs.
Selon ces premières estimations, le marché représenterait 4 milliards d’euros. L’Agence bio note que la restauration collective et la vente directe y occupent une place croissante, de 4 % et 11 % en 2011 et qui devrait encore augmenter, pour répondre à une attente des consommateurs, selon le baromètre 2011 réalisé par le CSA.

Viticulture et cultures fruitières en tête

Le dynamisme de la production sous le label AB est très variable selon les filières. Viticulture et cultures fruitières arrivent en tête, et représentent respectivement environ 7 et 11 % des surfaces en 2011. L’offre de céréales bio françaises peine en revanche à décoller, avec un peu moins de 2 % des surfaces céréalières aujourd’hui engagées. L’une des causes serait le prix élevé des céréales « conventionnelles ». Néanmoins, « les achats extérieurs représentent entre 25 à 30 % et sont en train de baisser, plus ou moins vite selon la céréale », a détaillé Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio. « Il faut porter un accent fort aujourd’hui sur les filières céréalières, notamment pour alimenter les filières animales bio », a complété François Thiery, son président.

En attente de la Pac

En une décennie, le nombre de producteurs a été multiplié par deux et le marché par quatre, note l’Agence bio, qui fête ses 10 ans cette année et relève une convergence de plus en plus forte entre l’offre et la demande. Entre 2008 et 2011, le Grenelle a relancé la dynamique, estime Elisabeth Mercier, après la relative stabilité de la production observée entre 2005 et 2008. Pour autant, l’objectif chiffré de 6 % de la SAU en bio en 2012 et de 20 % en 2020 est loin d’être atteint, avec 3,4 % des surfaces actuellement concernées. Les politiques publiques continuent de jouer fortement sur l’essor du bio. « Aujourd’hui, il y a des éléments structurants pour la production bio, comme la règlementation sur les bassins d’alimentation de captage, a noté François Thiery, même si les motivations sont davantage d’ordre environnemental. Bien sûr, nous comptons beaucoup sur la future Pac, mais les informations dont nous disposons aujourd’hui sont contradictoires. Nous devons continuer à travailler avec Dacian Ciolos. 2013 sera un déclencheur, ou non, des possibles conversions céréalières en bio. »

L’avenir du fonds avenir bio en suspens

Autre incertitude, celle du devenir du soutien à la structuration des filières. L’Agence bio lançait début février son 7e et dernier appel à projets dans le cadre du fonds de structuration des filières biologiques 2008-2012, soutenu par le ministère de l’Agriculture et doté de trois millions d’euros sur cinq ans. Cette enveloppe a jusqu’à maintenant appuyé les actions de quelque 130 groupements et association de producteurs ou entreprises, ce qui représente environ 10% des producteurs bio ainsi engagés dans des démarches partenariales avec l’aval. En 2012, le dispositif doit prendre fin, l’occasion de « faire un bilan et de le réorienter », selon Elisabeth Mercier. Les professionnels déclarent avoir encore besoin de ce soutien. « Mais plutôt que d’aller vers une concentration des outils de marché, la structuration des filières doit aussi répondre aux attentes actuelles de lien social et de proximité », ajoute François Thiery.

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