L’heure est aux débats de société. Et pourtant, il en est un qui n’a pas eu lieu malgré la sortie entre les deux tours de la Présidentielle, d’un nième film sur « l’horreur économique » que constituerait le système agroalimentaire moderne. Après Super size me, Notre pain quotidien et quelques autres court-métrages du même acabit, voici Le Marché de la faim ( « We feed the world ») qui réussit sans mal à couper l’appétit et à donner mauvaise conscience à qui consomme autre chose que les fruits de son jardin. Car tous les circuits économiques qui permettent aujourd’hui de remplir notre assiette reposent, dans ce scénario, sur le sabotage de la nature (océans et forêts inclus) et l’asservissement des plus pauvres pour donner au final trop de calories et pas assez de saveurs à des consommateurs qui n’en peuvent mais.

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Tout ce qui est excessif est insignifiant, dira-t-on peut-être pour se consoler – sans doute à trop bon compte – de l’absence complète de réaction de la part des professions ainsi mises en cause. Et ce n’est pas l’interview du patron de Nestlé placé en conclusion du « documentaire » de Erwin Wagerhofer, qui peut rectifier le tir. Difficile d’imaginer plus grand ratage de communication ! Il serait temps, si l’on veut réconcilier les citoyens et les consommateurs avec leur agriculture et leur industrie alimentaire, que ces deux secteurs-clé de nos économies s’entendent sur un discours commun susceptible de redorer leur blason. Et sans se cantonner dans les plaidoyers corporatistes, les séductions publicitaires, voire les conseils nutritionnels et les recommandations sanitaires…