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Pôle de compétitivité Le Nord mise sur les aliments santé

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Le pôle nutrition santé longévité, décroché par le Nord-Pas-de-Calais en juillet dernier, tente de maintenir la dynamique issue de la frénésie qui a entouré la course au label. Il y a quelques jours, les responsables du pôle ont présenté leurs objectifs en mettant en avant un élément : les perspectives de croissance qu’offre leur projet. Alors que le marché des aliments santé est à maturité au Japon et aux Etats-Unis, disent-ils, il est en plein essor en Europe. En 2003, ce marché s’élevait à 30 milliards d’euros en Europe. Cela représentait déjà 20% des ventes en France contre 39 % en Allemagne.

Faute de produits traditionnels facilement repérables hors de sa région, le Nord-Pas-de-Calais joue la carte de l’avenir : les produits innovants. Les industries agroalimentaires de la région tentent de créer une véritable dynamique autour du pôle de compétitivité Nutrition, santé et longévité. Il fait partie des 67 pôles labellisés par le gouvernement lors du Comité interministériel de l’aménagement du territoire (CIADT) du 12 juillet 2005. Pour les entreprises, il doit permettre de jouer de l’alchimie créatrice engendrée par la réunion d’acteurs aussi divers que des laboratoires de recherche fondamentale, des entreprises de nouvelles technologies et des poids lourds de l’industrie agroalimentaire. Tereos, par le biais de sa filiale Beghin Meiji, Bonduelle, Leroux, Lesaffre, Mc Cain, Roquette ou Bonduelle font partie des entreprises impliquées dans ce projet.

Leur mot d’ordre tient en un slogan : cap sur les aliments santé. La réglementation sur les allégations, le vieillissement de la population, l’obésité, les problèmes de diabète… Tous ces facteurs confortent ce pôle qui entend être à la croisée des chemins entre l’agroalimentaire et les biotechnologies. « L’objectif du pôle est de s’appuyer sur ces tendances économiques et sanitaires en faisant converger recherche et entreprises dans le domaine de la biologie, de la santé et de l’agroalimentaire », précisent les responsables du pôle.

« Organisme d’impulsion »

Pour l’industrie agroalimentaire, le pôle nutrition santé « agit comme un véritable organisme d’impulsion», explique Marie Hélène Saniez, responsable de recherche chez Roquette Frères. Dans la région, « les compétences étaient là, mais elles étaient essaimées et manquaient de cohésion», ajoute-t-elle. Et de résumer : « Le pôle nous permet de mieux communiquer en créant une synergie entre des acteurs locaux qui ne se connaissent pas forcément» !

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D’autres acteurs s’engagent plus résolument encore dans la recherche d’aliments santé. C’est le cas par exemple de Genfit. L’entreprise créée en 1999 poursuit un objectif : « La cloison entre l’aliment et le médicament doit tomber», explique Jean-François Mouney, le président du directoire. A ces yeux, cette réflexion est « parfaitement cohérente avec le tissu économique local».

Chez Lesaffre, l’objectif est aussi plus simplement de trouver des partenaires en amont et en aval de la création de nouveaux produits dont les compléments alimentaires et les aliments fonctionnels. « Un producteur d’ingrédients a besoin de partenaires», insiste Antoine Baule, le directeur général du groupe. Pour lui, « le pôle joue un rôle de catalyseur particulièrement intéressant ».

Partenariats public-privé

Les niveaux de collaboration au sein du pôle sont différents. Ils s’articulent autour de partenariats public-privé. Ces derniers permettent de travailler à la prévention de certaines maladies par la nutrition, le traitement de maladies métaboliques, cardiovasculaires et autres. Un autre aspect du pôle est le travail plus académique sur la prévention et le traitement des maladies du vieillissement notamment la lutte contre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Ces recherches pourraient entraîner, à terme la création de nouveaux débouchés.