Le constructeur japonais Kubota, premier en Asie, va ouvrir les portes d'une usine de fabrication de tracteurs dans le Nord-Pas-de-Calais. Le groupe a présenté son projet à Paris, le 19 décembre.
«LES contraintes fiscales et les taxes françaises ne sont pas très attractives », a déclaré Dai Watanabe, président de Kubota Europe (constructeur de machines agricoles japonais), lors d'une conférence à Paris, le 19 décembre. Pourtant, le constructeur va inaugurer l'implantation de sa première usine d'assemblage dans l'Hexagone en janvier 2014. La France était au coude à coude avec les Pays-Bas sur la liste des sites d'implantation retenus par l'entreprise nipponne. Finalement, la région Nord-Pas-de-Calais, dont le taux de chômage en 2012 est de 14% (Insee-Institut national de la statistique et des études économiques) contre 10,6% en France, a été choisie.
Eldorado françaisLes avantages géographiques et économiques de la Région n'ont pas laissé indifférents le premier constructeur d'Asie et le deuxième aux Etats-Unis. « La proximité du port de Dunkerque, le troisième port européen, a été décisif pour choisir ce site d'implantation », justifie Dai Watanabe. L'emplacement est stratégique car 55% du chiffre d'affaires de Kubota sont réalisés grâce aux exportations. Les pays visés par les exportations du constructeur sont l'Amérique du Nord, l'Europe, l'Australie et le Japon. La France, c'est aussi un territoire agricole. Le constructeur nippon l'a compris. « Le marché français est immense pour les tracteurs », ajoute Dai Watanabe. Le marché français, selon lui, c'est l'eldorado. Lors d'une conférence d'Axema (union des industriels de l'agroéquipement) en octobre 2013, ses représentants annonçaient des perspectives 2014 plutôt optimistes : « Le moral des agriculteurs est perçu comme moyen (environ 55%) ou bon (30%) par la filière ».
AdaptationReste que Kubota doit adapter ses tracteurs aux besoins des agriculteurs français. « Pour conquérir le marché français, l'idée est de proposer des tracteurs de plus de 150 chevaux », explique Dai Watanabe. L'entrepreneur japonais propose habituellement des tracteurs moins puissants, mais va adapter sa chaîne de production. Les tracteurs qui sortiront de l'usine sont de grande puissance : de 130 à 170 chevaux. La production de tracteurs démarrera en avril 2015.
Production franco-japonaise« Il ne s'agit pas d'une gamme low cost », ajoute Hervé Gérard-Biard, directeur de la Division tracteur de Kubota Europe. Les prix vont de 90 000 euros à 130 000 euros avec une capacité de production de 3 000 machines par an. « Nous souhaitons mettre au service de l'agriculture, le haut niveau de technologie du Japon », assure Dai Watanabe. Technologie et savoir-faire japonais iront de pair avec des approvisionnements locaux. « Les pièces des tracteurs seront à 70% de la région européenne », précise Hervé Gérard-Biard. Seuls les moteurs et les cabines seront importés depuis le Japon.
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Le projet nécessite un investissement global de 40,3 millions d'euros. La surface du site est de 115000 mètres carrés. Le chantier commencera dès janvier 2014. Si le démarrage de la production de série est prévu en avril 2015, les recrutements, eux, commenceront en janvier 2014 dans la région Nord-Pas-de-Calais. L'entreprise japonaise prévoit l'ouverture de 140 postes d'ici 2017. Mais elle ne s'arrêtera pas là. « C'est un début, nous voulons étendre notre capacité de production à long terme », soutient Dai Watanabe.
Suite et fin de l'usine du volailler Doux implantée dans le Nord-Pas-de-Calais ? Selon la Voix du Nord du 14 décembre, « en catimini, les machines de l'usine de volailles ont été vendues aux enchères. Le lot des machines a été remporté par le groupe numéro deux de la volaille en Tunisie, Mliha ». En août 2012, la liquidation du pôle frais de Doux avait été prononcée entraînant le licenciement de 250 salariés à Graincourt-lès-Havrincourt, faute de repreneurs. Le site avait alors été repris pour un euro symbolique par le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. La vente aux enchères de machines de l'usine est un « coup de massue », selon le maire de Graincourt-lès-Havrincourt qui travaillait avec un groupe anglais pour une éventuelle reprise du site.
« Que les Anglais et les Tunisiens s'entendent », espère-t-il. Si les anciens salariés de Doux avait encore un espoir avec le dossier du repreneur anglais, le rachat récent des machines de production de l'usine signe la fin d'une éventuelle reprise des activités de production.