L’Observatoire du Pain a confié une étude socio-anthropologique sur les Français et le pain à Sociolab, institut de recherche spécialisé en anthropologie et sociologie. Du premier volet, il ressort que le pain est le seul aliment dont on ne parle pas comme d’un produit, mais que l’on raconte comme une histoire. S’il faut encore attendre pour le volet quantitatif, la forte dimension affective liée au pain peut déjà alimenter les réflexions de la meunerie et la boulangerie.
Après les études nutritionnelles, place à la relation des Français au pain. C’est l’objet d’une étude confiée par l’Observatoire du pain à l’Institut de recherche Sociolab. Point de statistiques dans ce travail, mais une exploration de ce qui lie les consommateurs français à un aliment pas comme les autres. « Nous avons interrogé 700 personnes. Elles parlent du pain avec une certaine tendresse et personne n’y est indifférent. Le pain fait toujours partie de la vie des gens, malgré l’évolution des habitudes de consommation. Nous avons constaté que ces gens ne parlent pas du pain comme d’un produit mais le racontent comme une histoire », explique Abu Gnaba, directeur de Sociolab.
Six profils de consommation
A partir de ces entretiens, l’Institut de recherche a défini des profils de consommateurs. Il ne s’agit pas de catégories exclusives les unes des autres, mais de tendances de consommation, qui pourront alimenter les réflexions des meuniers et boulangers. Outre les consommateurs pour qui rien ne change, on trouve ceux qui réservent une consommation traditionnelle à plus tard (quand ils auront une famille). Même ceux qui ne sacralisent pas le pain ne le rejettent pas. Se développent aussi une consommation nomade et une consommation plaisir, ouvertes aux nouveautés.
Convivialité, plaisir et universalité
Les profils établis par Sociolab en disent long sur l’évolution de la consommation de pain. Fait notable, le pain n’est jamais considéré comme ringard, et il est de plus en plus associé à la convivialité et au plaisir. A la différence de tous les autres aliments, le pain est considéré comme un produit pour tous. C’est un aliment indissociable de son identité (à l’échelle de son quartier, de sa ville, de sa région et de la France). Seule certitude d’un point de vue qualitatif et gustatif, un bon pain est un pain chaud. « C’est le seul critère en mesure de fédérer tout le monde. » Quant à l’avenir, « l’idée d’enfermer le pain dans une tradition qui se voudrait figée, c’est prendre un risque », prévient Abdu Gnaba. D’ici là, le pain a encore de beaux jours devant lui.
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