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En direct avec David Thual, managing director de Insight Consulting « Le Parlement est prêt à adopter la plupart de nos propositions »

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Dans la perspective du vote en séance plénière du Parlement européen le 24 mars du rapport de Giancarlo Scotta sur les politiques de qualité des produits agricoles et des futures propositions législatives de la Commission européenne, Agra alimentation s’est entretenu avec David Thual, Managing Director de Insight Consulting, un cabinet spécialisé dans les dossiers de protection des Indications géographiques au niveau européen.

La Communication de la Commission européenne sur la qualité des produits agricoles ne semble pas répondre aux priorités du secteur des Indications Géographiques européen. Quels sont les éléments essentiels de cette Communication qui vous posent problème et que vous n’êtes pas prêt à accepter ?
David Thual : La communication de la Commission européenne sur la politique de qualité des produits agricoles du 2 mai 2009 ne répond pas effectivement aux attentes du secteur des indications géographiques, notamment en ce qui concerne la gestion des volumes de production. La Commission nous présente là une politique de qualité sous différents aspects mais avec des idées qui ne sont pas toujours faciles à suivre. Le secteur des indications géographiques estime qu’il n’est pas possible de continuer à travailler sans pouvoir disposer d’instruments de contrôle des volumes de production. Si on laisse produire sans contrôle on aura de moins en moins de qualité et on finira pas ne plus penser qu’à vendre, vendre, vendre. Nous, nous disons qu’il faut que nous puissions disposer d’instruments de contrôle à l’instar de ce qui existe au niveau d’autres secteurs comme par exemple celui du lait avec le système des quotas laitiers ou encore celui du secteur vitivinicole avec les droits de plantation. Nous réclamons donc un encadrement des productions pour préserver la qualité et nous avons invité la Commission européenne à réfléchir là-dessus dans la perspective de ses prochaines propositions législatives sur la réforme de la politique de qualité des produits agricoles.

L’avantage de la co-décision

Pensez-vous qu’avec les nouveaux pouvoirs dévolus au Parlement européen par le Traité de Lisbonne, notamment en matière de co-décision sur les dossiers agricoles, la voix du secteur des IG sera plus et mieux entendue ?
Absolument, depuis que nous travaillons sur le dossier de la qualité, hier avec le rapport de Maria Petre (PPE, Roumanie) et aujourd’hui avec le rapport de Giancarlo Scotta (Europe de la liberté et de la démocratie, Italie) on voit bien que les députés européens ont retenu la plupart de nos propositions et nous avons des amendements très intéressants qui manifestent un véritable soutien à nos thèses.

Peut-être avez-vous obtenu un réel soutien de la part des députés mais cela reste au niveau de la commission de l’agriculture. Pensez-vous obtenir le même appui au niveau de la plénière du Parlement européen ?
C’est vrai, c’est toujours un peu plus compliqué au niveau des plénières mais, vu le fonctionnement du Parlement européen, en général il y a très peu de changement en plénière dans la mesure où nous avons là un dossier très technique et en général la plénière fait assez confiance aux députés de la commission de l’agriculture sur des sujets aussi sensibles que celui-ci. En tous les cas notre secteur ne s’attend pas à des surprises majeures !

Retour au débat sur la régulation

Une fois ce cap franchi, il faudra encore convaincre les Etats membres qui ont toujours le dernier mot sur ces dossiers ?
Exact, du côté des Etats membres c’est toujours plus compliqué mais nous allons mettre tout en œuvre pour les convaincre et nous continuons à travailler avec les Etats membres avec lesquels nous avons des contacts privilégiés, c’est à dire essentiellement les pays du sud de l’Union européenne qui comme on le sait disposent de l’essentiel des produits de qualité de l’UE et avec lesquels nous avons de facto des relations plus proches. La tâche est un peu compliquée du fait que les Etats membres ne sont pas tous sur la même longueur d’ondes dans ce dossier sur la qualité. Il y a une grande différence entre un pays du nord comme le Danemark qui est un opposant classique à tout ce qui touche aux Indications Géographiques et un pays du sud comme l’Italie ou la France qui défendent bec et ongles leurs productions de qualité. Il faut dire aussi que nos exigences en matière d’encadrement des volumes de production s’inscrivent dans le cadre plus large des discussions sur l’avenir de la politique agricole commune. Je fais par exemple référence aux discussions du Groupe de haut niveau sur le lait où l’on parle de plus en plus de régulation des marchés. Ces débats sont un signe que c’est un vrai sujet pour les indications géographiques où nous estimons nécessaire de faire le lien entre qualité et quantité.

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