La commission de l’agriculture du Parlement européen a demandé le 25 juin, l’interdiction du clonage animal à des fins alimentaires, ainsi qu’un embargo sur les importations d’animaux clonés, de leur progéniture et de la viande et des produits qui en sont issus. De leur côté, les organisations agricoles professionnelles confirment leur opposition à tout moratoire sur le sujet.
Les organisations professionnelles agricoles, le Copa et la Cogeca, ont confirmé Voir n°3157 du 09/06/08, dans un courrier adressé le 20 juin à la Commission de Bruxelles, qu’elles jugeaient inutile la mise en place d’un moratoire volontaire sur le clonage. Elles considèrent qu’il est prématuré de discuter de cette technologie et soulignent qu’à ce stade des recherches, il est trop tôt pour prendre position en faveur du clonage ou non. Les parlementaires européens se montrent en revanche beaucoup plus circonspects sur la question du clonage.
Le Parlement européen favorable à une interdiction du clonage
A l’initiative de Neil Parish, la commission de l’agriculture du Parlement européen a adopté une résolution visant à faire interdire par la Commission le clonage d’animaux à des fins alimentaires, de même que l’élevage d’animaux clonés ou de leur progéniture. Les parlementaires souhaitent également que soient prohibées l’importation d’animaux clonés, de leur progéniture, de leur sperme et de la viande et des produits qui en sont issus ainsi que la mise sur le marché de viande ou de produits laitiers provenant d’animaux clonés ou de leur descendance.
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Les membres de la commission s’appuient sur les rapports rendus par plusieurs groupes d’experts européens. Ainsi, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a souligné dans un avis rendu en janvier 2008, les problèmes de santé, de bien-être et de mortalité élevée suscités par le clonage. Le Groupe européen d’éthique a indiqué pour sa part qu’il ne voyait aucune raison valable de poursuivre la production de denrées à partir de clones ou de leurs descendants. Il considère en effet que les niveaux actuels de souffrance et les problèmes de santé des animaux concernés rendent la technique du clonage douteuse sur le plan moral.
Mise en péril de l’image du modèle agricole européen
Pour appuyer leur demande, les députés font état de leurs inquiétudes sur les effets du clonage. Ils appréhendent notamment que l’image du modèle agricole européen, construite sur la qualité des produits, le respect de l’environnement et l’observation de règles sévères sur le bien-être animal, en pâtisse. Ils redoutent de plus une diminution de la diversité génétique des animaux d’élevage, ce qui pourrait entraîner la disparition de troupeaux entiers, s’ils sont confrontés à des maladies auxquelles ils sont particulièrement réceptifs. Les députés ont profité de ce vote pour adresser à la Commission européenne une série de questions orales sur le clonage des animaux afin d’avoir des clarifications sur sa position sur le sujet.