L'UE doit agir davantage et plus vite pour introduire de meilleurs outils afin de résoudre les perturbations du marché laitier et aider les agriculteurs à trouver de nouveaux débouchés pour les produits exclus du marché russe, affirme le Parlement dans une résolution non législative votée le 7 juillet en session plénière. Pour combattre la pression sur les prix, le Parlement réclame des mesures législatives afin de lutter contre les pratiques commerciales inéquitables en introduisant par exemple des mécanismes pour protéger les producteurs des abus des transformateurs et des distributeurs.
« Il existe de nombreuses possibilités à long terme pour le secteur laitier de l'UE mais, jusqu'à présent, la Commission européenne n'a pas reconnu l'ampleur des nouveaux défis auxquels ce secteur est confronté, à savoir la fin des quotas laitiers en mars 2015, l'embargo russe, récemment prolongé, sur les produits alimentaires de l'UE, et la volatilité des prix. Pour répondre à ces défis, nous devons utiliser les outils existants de manière plus efficace, mais l'UE doit aussi agir davan-tage pour aider le secteur laitier à occuper une place de premier plan sur la scène internationale et non suivre le mouvement », a affirmé James Nicholson (ECR, Royaume-Uni), qui a rédigé la résolution sur l'avenir du secteur laitier. La résolution, qui analyse les perspectives pour le secteur laitier européen, a été adoptée par 510 voix pour, 154 voix contre et 44 abstentions. Dans sa résolution, le Parlement demande à la Commission d'intervenir, en introduisant des mesures de marché ciblées supplémentaires, face à la crise qui touche actuellement les marchés laitiers nationaux, du fait de la pression à la baisse imposée sur les prix qui résulte de l'absence d'instruments adéquats de prévention de la crise, d'une baisse de la demande mondiale, de la volatilité des prix au niveau mondial et de l'embargo russe. Il souligne le fait que l'excédent de produits laitiers provenant de certains États membres qui commercent avec la Russie crée d'importants déséquilibres sur les marchés nationaux, ce qui conduit à une baisse drastique des prix, de sorte que les producteurs nationaux perdent leur compétitivité. L'auteur de la résolution parlementaire note que les perspectives à moyen et long terme pour le secteur laitier sur les marchés nationaux et sur le marché mondial restent floues avec une demande fluctuante, mais souligne en même temps qu'en tant qu'élément clé de l'industrie agroalimentaire, le secteur laitier présente un potentiel de croissance à long terme, de création d'emploi et de développement dans les zones rurales.
PRATIQUES COMMERCIALES DÉLOYALES
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Le député conservateur anglais souligne également dans sa résolution que la mise en œuvre du “paquet lait”(1) est décevante au vu des faibles niveaux de mise en œuvre des contrats obligatoires dont le but est d'aider producteurs et transformateurs à planifier leurs volumes de production à l'approche de la fin des quotas laitiers. Il demande par conséquent d'étendre ces contrats obligatoires à tous les États membres. La résolution préconise aussi de renforcer le pouvoir de négociation des producteurs vis-à-vis des transformateurs, ce qui devrait se traduire par une répartition plus équitable de la valeur ajoutée d'un bout à l'autre de la chaîne d'approvisionnement. James Nicholson dans sa résolution regrette le peu de progrès accomplis au niveau de la création d'organisations de producteurs, notamment dans les nouveaux États membres. Il estime que les normes de reconnaissance des organisations de producteurs devraient être renforcées pour augmenter plus efficacement l'influence des producteurs dans la négociation des contrats. Relayant une demande répétée des producteurs laitiers, James Nicholson estime que la pression à la baisse imposée sur les prix par les distributeurs de marques propres et l'utilisation continue du lait liquide comme “produit d'appel” par ces distributeurs sapent le travail et les investissements des producteurs dans le secteur laitier et dévalorisent le produit final aux yeux du consommateur. Il estime nécessaire d'introduire des codes de bonnes pratiques entre les différents acteurs de la chaîne alimentaire; souligne la nécessité de définir des mécanismes capables de protéger efficacement les producteurs des abus des distributeurs et de leur position dominante sur le marché du détail et demande à la Commission de présenter le plus rapidement possible une proposition législative visant à faire obstacle aux pratiques commerciales déloyales et d'envisager une approche sectorielle du droit de la concurrence et des pratiques commerciales déloyales.
(1) Le «Paquet Lait» vise à garantir l'avenir à long terme du secteur laitier après la suppression des quotas en mars 2015. Il est entré en vigueur le 3 octobre 2012 et devrait étendre ses effets jusqu'en juin 2020.