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UE/Sécurité alimentaire Le Parlement européen réclame une Pac forte pour lutter contre la spéculation

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« La future Politique agricole commune (PAC) doit garantir un accès aux denrées alimentaires à un prix accessible et renforcer la lutte contre la spéculation financière afin d’assurer la sécurité alimentaire en Europe et au-delà». C’est ce que plaide le Parlement européen dans un rapport qu’il vient d’adopter sur la « reconnaissance de l’agriculture comme secteur stratégique dans le cadre de la sécurité alimentaire ». Celui-ci estime également que l’UE doit agir de concert avec les pays tiers et les organisations internationales pour combattre la volatilité des prix qui perturbe la sécurité alimentaire dans le monde.

Le rapport de Daciana Octavia Sarbu (Sociale-démocrate européenne) sur la « reconnaissance de l’agriculture comme secteur stratégique dans le cadre de la sécurité alimentaire », que le Parlement européen a adopté le 18 janvier à Strasbourg, réclame une action européenne plus hardie pour lutter contre le problème de la spéculation financière sur les matières premières agricoles, notamment en donnant aux autorités de régulation et de surveillance la mission de limiter cette spéculation. Le document invite la Commission européenne à veiller à ce que les transactions concernant les produits dérivés sur les matières premières alimentaires soient limitées autant que possible aux investisseurs ayant un lien direct avec les marchés agricoles. Les députés observent que les comportements spéculatifs entrent pour plus de 50 % dans les récentes hausses de prix et se disent favorables, dans ce contexte, à une révision de la législation actuelle sur les instruments financiers, qui doit renforcer la transparence des échanges et prévoir des seuils minimums pour les opérateurs admis à intervenir sur les marchés agricoles. Soulignant l’interdépendance des marchés financiers et agricoles, ils considèrent qu’une réponse européenne n’est à elle seule plus suffisante et que l’Europe doit agir de concert avec les pays tiers (comme les Etats-Unis) et les organisations internationales pour lutter contre les problèmes de la volatilité des prix et de la sécurité alimentaire. Le rapport soutient les initiatives prises en ce sens par la présidence du G20 et invite la Commission à instaurer des mesures permanentes et vigoureuses pour s’attaquer de toute urgence à la volatilité des marchés agricoles.

Stocks alimentaires suffisants mais inaccessibles
Le rapport de la socialiste roumaine constate qu’à l’heure actuelle le total des disponibilités alimentaires mondiales n’est pas insuffisant mais que c’est plutôt l’inaccessibilité et les prix élevés qui empêchent de nombreuses personnes de bénéficier de la sécurité alimentaire. Il observe cependant que les stocks mondiaux de denrées alimentaires sont bien plus limités que par le passé.
Les eurodéputés estiment en conséquence qu’un système mondial et ciblé de stocks alimentaires serait plus qu’utile : des stocks d’urgence (pour réduire la faim) et des stocks pour réguler les cours des matières premières en contribuant à faciliter les échanges mondiaux lors de flambées des prix, à prévenir le retour du protectionnisme et à réduire la tension sur les marchés alimentaires mondiaux. Ces stocks devraient être gérés par un organisme commun placé sous l’égide des Nations unies ou par la FAO. La Commission européenne est invitée à étudier d’urgence les moyens les plus efficaces d’y parvenir et d’en rendre compte au Parlement. Ce dernier estime que l’Union européenne doit créer de meilleures conditions pour la mise en œuvre, dans les États membres, de programmes de promotion d’une bonne alimentation (à l’instar de la distribution de fruits ou de lait dans les écoles) et renforcer son soutien à l’éducation et à la sensibilisation à la provenance des produits et à la nutrition. Il réclame davantage de programmes de promotion en matière diététique et demande que les dotations allouées à ces programmes soient revues à la hausse.
Le rapport souligne enfin la nécessité d’introduire plus de transparence et d’équité dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire afin de permettre aux agriculteurs d’obtenir un juste revenu, de garantir des profits et des prix corrects d’un bout à l’autre de la chaîne et d’assurer l’existence d’un secteur agricole viable propre à assurer la sécurité alimentaire. Là aussi la Commission est invitée à présenter des propositions pour répondre à ce problème.

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