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Strasbourg Le Parlement européen s’interroge sur l’impact de l’élevage sur le climat

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Consacrée à l’impact de l’élevage sur le climat, une audition du Parlement européen a donné l’occasion à l’artiste britannique Paul McCartney de plaider pour l’équation « moins de viande = moins de réchauffement ». « Ne laissez pas entendre que, si le monde devient végétarien, nous stopperons le changement climatique », lui a rétorqué une députée membre de la commission parlementaire de l’agriculture.

«La campagne “lundi sans viande”, initiée par Sir Paul McCartney, est une bonne idée car l’impact de la surproduction de viande sur le climat est devenu clair », a estimé le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, en ouverture d’une audition organisée le 3 décembre à Bruxelles à l’instigation du conservateur britannique Edward McMillan-Scott (non-inscrit), vice-président de l’Assemblée.
L’ex-Beatles, qui accompagnait le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques, Rajendra K. Pachauri, a souligné, devant les députés, la nécessité urgente d’agir afin de limiter les dégâts causés par la production de viande, étant donné que celle-ci contribue non seulement aux émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à la déforestation, à l’augmentation de la consommation d’eau et à la pollution de l’eau. Une journée sans viande par semaine pourrait devenir « aussi évidente que le recyclage ou les voitures hybrides », a-t-il souligné, suggérant au législateur européen d’aider les agriculteurs à s’adapter à cette nouvelle donne.
Le bétail contribue à 18 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde, soit deux fois plus que les transports, selon un rapport publié en 2006 par la FAO.

Une question de santé aussi
Membre de la commission parlementaire de l’agriculture, la démocrate-chrétienne irlandaise Mairead McGuinness, a toutefois prôné la prudence, soulignant que les agriculteurs européens ont pris des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et que, dans les pays en développement, la viande est souvent une source très importante de protéines dans un régime alimentaire pauvre par ailleurs. « Ne laissez pas entendre que, si le monde devient végétarien, nous stopperons le changement climatique », a-t-elle conclu.
Alan Dangour, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, a affirmé, pour sa part, que, au Royaume-Uni, pays où les adultes mangent un kilogramme de viande chaque semaine, une réduction de 30 % de la consommation de graisses saturées permettrait de réduire les décès prématurés dus aux maladies cardiaques à raison de 18 000 par an.

Utiliser les terres à bon escient
Intervenant lors de l’audition parlementaire, les représentants des agriculteurs ont rappelé que 80 % du bétail de l’UE est élevé sur des terres qui ne sont pas adaptées à la culture des céréales ou des légumes.
D’autres orateurs ont considéré que le problème le plus important, quand on utilise les terres arables pour produire des aliments pour animaux, est qu’il faut 8 kg de maïs pour produire 1 kg de viande.
Selon le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, les tendances actuelles montrent que, d’ici 2050, environ 1,45 milliard de tonnes de céréales par an seront utilisées au niveau mondial pour l’alimentation animale, suffisamment pour satisfaire les besoins en calories d’environ 4,5 milliards de personnes.

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