Le parquet antiterroriste a classé sans suite la plainte déposée par des coopérateurs de Tereos, qui accusaient le groupe d’avoir maintenu des livraisons en Syrie de sorbitol, retrouvé dans des caves du groupe État islamique, a indiqué le 9 avril le parquet de Paris. Cette plainte contre X avait été déposée le 19 mars pour « actes de terrorisme et de complicité d’actes de terrorisme », au sujet des livraisons de sorbitol, un ingrédient utilisé dans la fabrication d’armes. « L’examen de cette plainte », classée sans suite le 3 avril, « n’a pas révélé […] l’existence d’une entente ou d’un groupement susceptible d’avoir réuni la société Tereos et l’organisation terroriste État islamique ou toute autre organisation terroriste, y compris de façon indirecte », a détaillé le parquet. Par conséquent, le ministère public estime que l’association de malfaiteurs terroriste n’est pas établie.
Le groupe a estimé dans un communiqué que « la rapidité par laquelle la justice a répondu à cette plainte démontre, si besoin était, que Tereos n’a rien à se reprocher dans ce dossier ». Et de dénoncer « une campagne de déstabilisation », source de « dommages considérables » à son encontre. La CGB s’est réjouie, dans un communiqué, que la plainte ait été « rapidement classée sans suite ».
Dans la plainte consultée par l’AFP, les plaignants rappelaient que fin 2016, après la libération de la ville irakienne de Mossoul, l’ONG Conflict Armament Research (CAR) mandatée par l’Union européenne avait inspecté « un entrepôt de l’État islamique », y découvrant « des dizaines de sacs de sorbitol estampillés Tereos ». En décembre 2017, l’information ayant été rendue publique, le leader du sucre avait assuré « avoir suspendu ses livraisons de sorbitol dans les zones dites à risques » dès l’alerte du CAR en novembre 2016. Toutefois, selon les plaignants qui se fondent sur une enquête interne de l’entreprise, deux autres livraisons à destination de la Syrie ont été réalisées en février et juillet 2017.
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Les plaignants et la direction de Tereos s’opposent depuis des mois dans une crise de gouvernance au sein du groupe, sur fond d’effondrement des cours mondiaux.
« Une campagne de déstabilisation », selon le groupe