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Le « PIB agricole » français attendu en baisse en 2019

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L’Insee a publié une première synthèse des résultats économiques prévisionnels de la ferme France en 2019. La contribution de la branche agricole au PIB est attendue en baisse de 4,9 %. Rapportée à l’actif, elle reste sur une tendance haussière depuis les années 90, quoique plus volatile depuis dix ans.

Malgré le report de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN) au 10 janvier, l’Insee a publié, le 17 décembre, ses chiffres prévisionnels provisoires pour l’année 2019. Ils sont marqués par un repli de 4,9 % en euros courants de l’équivalent agricole du PIB agricole (valeur ajoutée brute au coût des facteurs). Rapporté à l’actif la baisse est de 4,5 % (-5,9 % en euros constants).

Malgré cette baisse, la valeur ajoutée à l’actif (voir graphique ci-contre, ndlr) « ne décroche pas des hauts niveaux de croissance cumulée qu’elle a atteints depuis le milieu des années 2000 », commentent les chambres d’agriculture, dans une note parue le 18 décembre. « C’est un peu l’énigme de l’agriculture française : sa compétitivité s’essouffle mais les résultats par actif progressent sur le moyen terme ». Ils sont toutefois plus volatils depuis une dizaine d’années.

La production agricole (hors subventions) diminue de 2 % en valeur, pénalisée notamment par le recul de la production viticole en volume (-13,7 %). La vendange 2019 a été marquée par une sécheresse d’été, un gel de printemps, de l’humidité au moment des floraisons, rappellent les chambres d’agriculture. Tous les éléments étaient « alignés pour faire de la vendange 2019 l’une des plus faibles depuis 10 ans ».

Le vin en berne, le porc en veine

En revanche, la valeur de production animale est croissance en valeur (+2,4 %), en raison de la forte hausse des prix du porc, liée à la peste porcine africaine (PPA) qui sévit actuellement en Asie. La collecte laitière française « progresse et profite à l’export des difficultés de grands producteurs mondiaux soumis à une forte sécheresse (Australie et Argentine).

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Les consommations intermédiaires sont en légère augmentation (+0,7 %). « L’année a été clémente », commentent les chambres d’agriculture. « Pour les éleveurs, on craignait le pire ; la sécheresse de l’été 2019 a gravement réduit leurs ressources fourragères mais, globalement, les achats d’aliments ont peu augmenté et surtout leurs prix ont baissé (céréales abondantes en 2018).

Par ailleurs, les dépenses en énergies et lubrifiants reculent (-1 % en valeur), du fait notamment de la baisse des prix du gaz naturel (-6,5 %). Pour les cultures, les dépenses d’engrais reculent en volume et en prix (-7,3 % en valeur), tout comme pour les phytos.

L’emploi agricole est considéré en baisse de 0,4 %, tout comme le total des subventions qui recule de 0,6 %, principalement à cause de la baisse du CICE (crédit d’impôt). La parution de l’Insee n’inclut pas les données du Réseau d’information comptable (Rica), à paraître le 10 janvier et qui porteront sur l’année 2018.

Du côté des charges, « l’année a été clémente »