Les chiffres publiés le 28 janvier par la Commission européenne sur le montant des aides directes agricoles versées en 2009, soit 39 milliards d’euros, montrent que la République tchèque et, dans une moindre mesure la Slovaquie, auraient beaucoup à perdre du plafonnement des aides directes que Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, envisage de fixer à 300 000 euros par exploitation dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune.
Plus de 26 % des agriculteurs tchèques perçoivent des aides directes égales ou supérieures à ce montant de 300 000 euros. Le manque à gagner pour les Tchèques serait supérieur à 126 millions d’euros sur un total de paiements de 473 millions d’euros en 2009. La perte sera encore plus forte lorsque les nouveaux Etats toucheront 100 % du taux plein de l’aide à partir de 2013 (50 % en 2009). Ce plafonnement, qui vise une répartition plus équitable des deniers de la Pac et qui pénaliserait les grandes exploitations, affecterait également de manière sensible la Slovaquie (22 % de l’enveloppe nationale des aides directes), la Hongrie (16 %) ainsi que l’Allemagne (17 %), qui verrait ses aides amputées de 947 millions d’euros sur un total en 2009 de 5,5 milliards d’euros. En revanche, les autres Etats membres, qui ont surtout de petites ou de moyennes exploitations, ne seraient touchés qu’à la marge par une telle mesure. Ainsi, pour la France, le premier bénéficiaire des fonds agricoles européens, « la pénalité » ne serait que de 180 millions d’euros sur 8,1 milliards versés en 2009. Plus de 54 % des agriculteurs français touchent entre 10 000 et 50 000 euros. En moyenne dans l’UE, 70 % des agriculteurs touchent moins de 2 000 euros.
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