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Nitrates bretons Le plan « algues vertes » doit faire ses preuves

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Le détail du plan de lutte contre la prolifération des algues vertes sur les côtes bretonnes a été présenté vendredi 5 février à Rennes. Pour Bruno Le Maire il s’agit d’un « tournant pour l’agriculture ». Dans un premier temps, le plan reposera sur le volontariat des agriculteurs. Une méthode critiquée par les associations environnementales.

Le plan anti-algues vertes du gouvernement « marque un tournant pour l’agriculture », a estimé vendredi 5 février Bruno Le Maire, lors de la présentation à Rennes du détail des mesures devant les acteurs locaux (associations, profession agricole, collectivités) (1). L’objectif est de parvenir à une réduction des flux de nitrates de 30 à 40% au moins dans les huit baies touchées par le phénomène de marées vertes. Cependant, « on ne peut pas revenir sur 15 ou 20 ans d’agriculture d’un claquement de doigt », a précisé le ministre de l’Agriculture. « Mais si le plan ne donne pas de résultats, on passera à un dispositif obligatoire et réglementaire », a-t-il prévenu. La secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouannot, a reconnu qu’il faudrait au minimum 10 à 15 ans pour régler complètement le problème.

« Manque de mesures préventives »
Alors que l’agriculture locale se dit plutôt rassurée, la méthode retenue, basée sur le volontariat ne satisfait pas les associations locales de lutte contre le phénomène des marées vertes. « Le curatif (le ramassage des algues sur les plages) ira très vite mais en revanche tout ce qui est préventif est remis à plus tard, y compris le respect des directives européennes », a notamment déploré Jean-François Piquot, porte-parole de l’association Eaux et Rivières de Bretagne. Les Verts se montrent également très critiques envers le plan : « La disparition réelle et durable des algues vertes nécessite notamment une application enfin stricte et sincère des réglementations européennes et françaises, un plan pluriannuel de reconversion des élevages hors-sols (porcs et volailles) vers des pratiques plus durables (porcs sur paille, plein-air ou biologique ; volailles de qualité ou biologiques), pour permettre aux éleveurs de vivre décemment de leur métier ». Ils suggèrent également un « plan de reconversion de l’élevage laitier intensif vers des systèmes autonomes et économes (alimentation à base d’herbe, élevage biologique) ».
Les organisations agricoles vont devoir s’investir au plus vite dans ce plan afin de faire mentir ses détracteurs. Mais surtout pour éviter le passage à un dispositif réglementaire obligatoire. Car si les mesures proposées deviennent la norme, les éleveurs risquent de perdre le bénéfice des aides compensatoires.

(1) Voir Agra du 8 février 2010 n° 3238

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