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La FNSEA « satisfaite » du discours du chef de l’Etat au Salon de l’élevage
Xavier Beulin s’est dit « satisfait » du plan d’action présenté par François Hollande lors de l’inauguration du Salon international de l’élevage (Space) à Rennes. Le président de la FNSEA a en effet jugé le discours du chef de l’Etat « extrêmement réaliste, pragmatique, à la fois sur la compétitivité, sur la diversité de l’agriculture française, sur les enjeux en matière d’exportation », a-t-il précisé. « Quand le président dit “l’agriculture est un des secteurs qui doit contribuer au redressement productif”, moi, cela me va ». Xavier Beulin a aussi salué la volonté du gouvernement de réformer la fiscalité agricole, soulignant que cette mesure est « très attendue par le monde agricole ». Enfin, la « pause » demandée par le gouvernement sur les biocarburants concurrents de l’alimentation est « une décision sage », dans un contexte de fortes tensions sur les marchés agricoles. « Le président et le gouvernement ont pris la mesure à la fois de la situation et des enjeux », a-t-il ajouté.
Confédération paysanne : « La politique de François Hollande manque de clarté »
Si la Confédération paysanne a retenu plusieurs engagements « intéressants » dans le discours de François Hollande au Space de Rennes le 11 septembre, le syndicat a tout de même regretté le manque d’orientation de la politique agricole française, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le lendemain. « Nous n’avons pas entendu de choix clairs sur le type d’agriculture vers lequel la France devait s’orienter », a confié Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne lors d’une conférence de presse le 12 septembre. C’est notamment la frilosité des dirigeants à négocier au niveau européen qui agace au sein du syndicat. « Que ce soit sur les droits de plantation ou sur les agrocarburants, des avancées ont pu se faire car des paysans, des citoyens, ont dit : ce truc est une catastrophe ». « Contrairement à ce que nous disent Hollande et Le Foll, rien n’est gravé dans le marbre, rien n’est figé », défend Philippe Collin.
« Un plan d’action pragmatique », selon la FOP
Dans un communiqué daté du 13 septembre, la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP) a tenu à saluer le plan d’action présenté par le ministre de l’Agriculture. Elle estime qu’il s’inscrit à la fois dans « une approche globale, responsable et volontariste ». Le plan insiste en effet « sur la nécessité d’agir à tous les niveaux pour définir une politique cohérente, régulée et encadrée ». La FOP réaffirme à ce sujet son engagement durable en faveur de la contractualisation et de l’augmentation des capacités de stockage. Le plan permet par ailleurs aux secteurs animal et végétal « de définir des projets collectifs communs à travers la mise en place d’un plan de développement de la production de protéines végétales ». La FOP indique prendre acte de la pause relative aux biocarburants. Enfin, s’agissant de la réforme de la fiscalité agricole, elle souhaite que ce soit « l’occasion d’une vraie réflexion sur l’évolution des mécanismes assurantiels ». Selon le président de la fédération, Gérard Tubery, le problème ne vient pas des prix élevés des matières premières agricoles mais « de l’extrême volatilité des cours, fruit d’une politique purement libérale que je condamne, et des difficultés qu’il faudra pourtant surmonter à répercuter ces hausses sur le consommateur ». La FOP et la filière feront des propositions pour décliner concrètement ces orientations, a-t-il ajouté.
Le problème n’est pas traité à sa source, estime la Coordination rurale
« Le problème de fond n’est pas traité », a indiqué la Coordination rurale dans un communiqué daté du 13 septembre qui déplore « l’absence de volonté de traiter le problème à sa source », à savoir « la dérégulation imposée par l’OMC ». La solution durable au problème du coût alimentaire trop élevé pour les éleveurs par rapport à leurs prix de vente se trouve « dans une Pac qui régule les prix agricoles à la production les uns par rapport aux autres (avec pour base la valeur guide du prix du blé), leur donnant ainsi enfin une cohérence globale sur le plan économique », selon la CR. Le syndicat souligne en revanche « le point positif » concernant la pause sur les biocarburants, mais s’étonne du plan de solidarité en faveur des éleveurs d’un montant de 100 millions d’euros financé par les céréaliers. « Si ce plan s’applique à tous, il est déplorable que la CR, qui représente près du quart des agriculteurs au niveau national, le découvre par voie de presse, sans avoir été consultée au préalable. La cogestion aura hélas largement survécu au changement de majorité présidentielle », a-t-elle commenté.
Guy Vasseur (APCA) : les intentions sont bonnes mais seront jugées sur les actes
Pour le président de l’APCA Guy Vasseur, « les intentions annoncées par le chef de l’Etat sont bonnes. Son engagement est bon mais nous jugerons sur les actes ». « Il a affirmé des idées qu’on avance depuis longtemps », continue Guy Vasseur, évoquant les notions de croissance et de compétitivité de l’agriculture. Cependant, il estime que le plan pour les éleveurs reste relativement ténu et reprend des recettes bien traditionnelles (report d’échéances bancaires et de cotisations sociales). Il regrette également le coup de frein donné aux biocarburants car il estime qu’en Europe, il n’y a pas vraiment de concurrence entre les surfaces destinées aux biocarburants et celles destinées à l’alimentation. En tout état de cause, cette position ne doit pas conduire, selon lui, à une régression de la production.
Les céréaliers « prennent acte avec satisfaction » des orientations tracées par François Hollande
Dans un communiqué diffusé le 12 septembre, les producteurs de blé (AGPB) et de maïs (AGPM) affirment « prendre acte avec satisfaction des orientations tracées par François Hollande » au Space la veille. Ils estiment en effet positivement que le chef de l’Etat ait mis en exergue « tout ce que l’agriculture peut apporter à la sécurité alimentaire dans le monde, à la croissance dans notre pays et au redressement de notre commerce extérieur ». Ils se sentent donc confortés dans leur demande d’obtenir les moyens de produire plus « comme condition première d’une évolution plus régulière des prix ». Les producteurs de blé et de maïs notent également avec intérêt les perspectives annoncées de refonte du mécanisme de lissage fiscal des revenus (dotation pour aléas). Par ailleurs, l’engagement de création du fonds de solidarité structurel céréaliers-éleveurs étant confirmé, les deux syndicats annoncent une concertation avec les éleveurs pour en déterminer les modalités.
Biodiesel et éthanol : une contradiction avec l’objectif de 10% de renouvelable dans les transports, selon les filières
La position du gouvernement envisageant de plafonner à 7% le taux d’incorporation des biocarburants concurrents de l’alimentation entre en contradiction avec l’objectif européen de 10% d’énergie renouvelable dans les transports, ont réagi les filières de biodiesel et d’éthanol, au plan d’action de Stéphane Le Foll. La directive européenne d’avril 2009 concernant les énergies renouvelables fixe en effet à 10% le taux d’énergie renouvelable que devront en 2020 utiliser les transports en 2020. Pour les professionnels, atteindre cet objectif sans les biocarburants est une vue de l’esprit, parce que les autres modes d’énergie, comme l’électricité, sont loin d’être en mesure d’atteindre cet objectif de 10%.
Ce plafonnement « risque de remettre en cause l’objectif de 10% d’énergies renouvelables dans les transports en 2020 », a commenté Sofiprotéol, le groupe industriel et financier de la filière oléoprotéagineuse, dans un communiqué publié le 13 septembre. Il « s’interroge sur les moyens mis en œuvre pour atteindre l’objectif », « les nouveaux biocarburants n’étant pas disponibles avant 2020 ou 2025 ».
Parallèlement, la filière de l’éthanol, qui rassemble les betteraviers (CGB), céréaliers (AGPB et AGPM) et industriels fabricants d’alcool (SNPAA), considère dans un communiqué publié le même jour que ce plafonnement « est inapproprié car il va brider le développement prévu au regard des objectifs plus ambitieux précédemment décidés ».
Les deux filières s’inscrivent en faux contre l’argument selon lequel le biodiesel et l’éthanol ne font que détourner de la ressource alimentaire. Elles mettent en avant l’ampleur de la production de tourteaux, de pulpes de betteraves et de drèches de distillerie.
Mais elles saluent la volonté du gouvernement de ne pas remettre en cause les investissements industriels réalisés.
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