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Elevage ovin Le plan de la dernière chance

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Le secteur de la viande ovine européenne est dans la tourmente. Le cheptel ne cesse de diminuer et les revenus des éleveurs sont au plus bas. Quatre ministres européens (Royaume-Uni, Espagne, Irlande, Roumanie) réunis autour de Michel Barnier à Limoges, ont posé les bases d’un plan de sauvetage pour 2010. D’ici là, le ministre français de l’Agriculture essaiera de convaincre la Commission de débloquer des aides d’urgence.

Michel Barnier a réuni vendredi 5 septembre à Limoges, les ministres de l’Agriculture d’Irlande, du Royaume-Uni, de Roumanie, le secrétaire d’Etat espagnol au milieu rural, un représentant de la Commission européenne et une poignée de spécialistes de l’économie de la filière ovine pour trouver des solutions à la crise que traverse le secteur en Europe. Le diagnostic est inquiétant : depuis 2000, la production a chuté en Europe de plus de 12% (parallèlement à la consommation) et les revenus des éleveurs sont parmi les plus bas de l’agriculture (en moyenne inférieurs à 10 000 euros par an) alors que l’intérêt environnemental et d’aménagement du territoire de cet type d’élevage est unanimement reconnu.

Besoin d’une aide urgente avant 2010

Le gouvernement français a déjà versé des aides supplémentaires de 15 millions d’euros en 2007 et de 17 millions en 2008, mais un véritable plan de soutien européen ne pourra pas être lancé avant 2010 dans le cadre du bilan de santé de la Pac. Pour la Confédération paysanne, il faut débloquer une aide d’urgence en 2008 de 150 millions d’euros pour que la profession ne disparaisse pas d’ici 2010. Régis Hochard, porte-parole du mouvement syndical, compare la situation à celle d’un « maître nageur au bord d’une piscine qui regarde quelqu’un se noyer et à qui la réglementation interdit de plonger pour le sauver ».

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Récupérer les aides de la Pac non utilisées

Sur une proposition de son homologue irlandais Bredan Smith, Michel Barnier qui préside le conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE, a indiqué qu’il demanderait à la Commission européenne de débloquer une partie des fonds de la Pac non utilisés pour apporter une aide d’urgence aux producteurs. Il compte aussi mobiliser les DPU dormants à cet effet. À partir de 2010, c’est une restructuration complète du secteur que l’Europe va devoir mettre en place. Le Parlement européen a adopté à l’unanimité un rapport qui fait une dizaine de propositions pour relancer le secteur. Les principales mesures envisagées sont une aide aux bénéfices environnementaux de l’élevage ovin, une révision des contingents d’importation en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande et le développement de la recherche pour mieux valoriser les co-produits (laine, cuir…). Ces aides « directes » sont bien sûr indispensables mais elles ne seront pas suffisantes. Un plan de relance de la consommation sera nécessaire. Pour cela, des opérations de la promotion de la viande ovine, et la création d’un logo européen sont prévus.

Quelle origine pour les aides ?

L’origine des fonds fait par contre encore débat entre les pays membres de l’UE. Pour Lord Jeff Rooker, ministre de l’Agriculture du Royaume-Uni, l’intégralité des aides doit être issue du second pilier (aides au développement rural) pour éviter les distorsions de concurrence et encourager les exportations. La France, l’Espagne et la Roumanie sont opposées à ce découplage total qui risque de faire disparaître l’élevage de certaines régions défavorisées. Le premier rendez-vous pour trouver un consensus sur le sujet sera le conseil informel des ministres de l’Agriculture à Annecy du 21 au 23 septembre.