Le groupe coopératif porcin Cooperl a présenté il y a quelques jours les chantiers ouverts dans son programme Solutions 2030 qui vise à renforcer sa RSE (responsabilité sociétale des entreprises).
C’est dans sa ferme expérimentale de la Ville Poissin (Hénanbihen, Côtes d’Armor) que Cooperl (5,6 millions de porcs) a décrit à la presse tous les chantiers ouverts dans le cadre de sa démarche Solutions 2030. Ils concernent les exploitations agricoles, la responsabilité environnementale, les ressources humaines et la coopérative. Annoncé en 2021, mais désormais en ordre de marche, « Solutions 2030 » structure la recherche et développement du groupe dans le but de réduire toutes les externalités négatives de son activité : bien-être des animaux et des hommes, émissions de gaz à effet de serre (GES), usage de pesticides, vie au travail, etc. Cent cinquante programmes de R & D ont été lancés à ce jour.
Symbole de la réussite de Cooperl ces dernières années, c’est dans cet élevage modèle de 300 truies que le porc dit bien-être (mâle non castré) a été validé en 2012. 87 % des élevages Cooperl ne castrent plus leurs porcs mâles à ce jour. D’autres essais y ont lieu actuellement, comme l’arrêt de la caudectomie (coupe des queues) pour progresser encore en matière de bien-être animal et anticiper des réglementations futures. C’est sur ce site qu’ont aussi été testés avec succès les fosses de réception des lisiers en V pour évacuer quotidiennement les effluents.
Un robot aspirateur de lisier
Achetée à l’éleveur 20 euros la tonne, Cooperl valorise leur partie solide dans un méthaniseur géant à Lamballe (siège du groupe) pour produire l’équivalent en gaz de 60 % de l’agglomération de Lamballe. Mais ce système ne concerne que les bâtiments neufs et ne représente actuellement que 5 % des bâtiments de Cooperl. Aussi, pour tous les autres bâtiments le groupe porcin a-t-il inventé un robot autonome appelé Porcho capable de se déplacer dans n’importe quel type de fosse pour aspirer trois à quatre fois par jour tous les effluents. Il sera commercialisé auprès des éleveurs Cooperl 37 000 euros en octobre prochain.
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C’est une « brique » supplémentaire qui doit permettre au groupe coopératif de réduire, selon ses calculs, de 46 % les émissions de GES de ses élevages adhérents. Cooperl estime aussi pouvoir réduire de 100 % les émissions de GES de ses véhicules de transport par l’emploi d’un biofioul, et de 81 % des émissions de ses usines (efficacité énergétique). Le groupe a pour objectif d’être « neutre en carbone en 2040, soit dix ans avant l’objectif que s’est donné la France », souligne Patrice Drillet, président du groupe coopératif.
Cooperl entend ainsi pousser son avantage sur le marché. C’est, aux yeux du directeur général du groupe, Emmanuel Commault, « un programme stratégique majeur ». S’il ne sera sans doute pas « rentable à court terme, il sera incontournable à moyen terme », ajoute-t-il.