A chaque jour – en l’occurrence chaque nuit de négociation – suffit sa peine. La France aurait bien tort de ne pas se féliciter d’avoir réussi à boucler le bilan de santé de la Pac, puisque c’était une des grandes priorités de son semestre de présidence de l’UE. Mais tout compromis laisse des traces. Il n’est pas sûr que ces tractations, telles qu’elles ont été menées, aient resserré les liens entre Paris et Berlin, ainsi que quelques autres capitales. D’autant que la France – avec sa double casquette – n’a pas hésité à bien se servir elle-même. Ce qui, au demeurant, est de bonne guerre. Ou presque. Maintenant, la présidence française va s’atteler à une autre mission qui lui tient à cœur : obtenir dans quelques jours des ministres de l’agriculture des Vingt-sept – éventuellement avec la bénédiction des chefs d’Etat et de gouvernement – des conclusions sur l’avenir de la Pac. Avec pour objectif de rappeler tout le bien-fondé de cette politique, avant que ne débute le grand marchandage sur la réforme du budget communautaire pour l’après-2013. Au-delà de la gestuelle diplomatique, qui répondrait à une promesse faite aux syndicats professionnels du pays, le texte imaginé à ce stade par Paris fait presque sourire, avec sa façon obsolète d’invoquer le Traité de Rome. Mais il est vrai qu’enfiler quelques poncifs sans conséquences est peut-être le seul moyen d’obtenir l’acquiescement des autres Etats membres, d’éviter que ces conclusions ne soient que celles de la présidence en exercice de l’UE et donc encore plus vaines. Reste que, effectivement, cette échéance financière est la plus périlleuse. Elle pourrait aussi, au-delà des postures à usage national, amener certains gouvernements à adopter une position que l’on aurait pas vraiment imaginée. Par exemple, quelle sera exactement celle de Paris lorsque la France deviendra déficitaire au regard du budget agricole européen, ce qui ne saurait tarder ?
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